Économie

Comment l'Allemagne fait pression sur la Grèce

Temps de lecture : 2 min

Wolfgang Schäuble. REUTERS.
Wolfgang Schäuble. REUTERS.

L’Allemagne met la pression sur la Grèce. L’agence Bloomberg consacre une analyse aux exigences de Berlin envers Athènes, qui vient de voter, lundi 13 février, une nouvelle loi d’austérité drastique: le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a accentué la pression sur le Parlement grec dans un entretien publié dimanche dans le Welt am Sonntag, déclarant que la Grèce devait «faire ses devoirs».

«Je suis plus que mécontent du suspense politique qui se déroule en Grèce depuis ces dernières semaines», a réagi pour sa part Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, dans le magazine Der Spiegel.

Le vote grec «était une condition nécessaire mais c’est l’application de ces mesures qui compte», a affirmé à la télévision ARD le ministre allemand de l’Economie, Philipp Roesler. «Nous attendons le rapport de la troïka [UE, FMI et BCE, ndlr] sur les progrès effectués par la Grèce».

La rue d’Athènes s’est enflammée dimanche avant que le Parlement ne vote la nouvelle loi en contrepartie de laquelle le pays pourra obtenir sa prochaine aide financière et éviter un défaut de paiement en mars. «Les coûts sociaux de ces mesures sont limités en comparaison de la catastrophe économique et sociale qui suivrait si nous de les adoptions pas», a défendu à la télévision le premier ministre grec.

Le vilain petit jeu allemand

L’éditorialiste Mary Ellen Synon, sur le site du Irish Daily Mail, critique avec virulence ce qu’elle nomme «un vilain petit jeu allemand» sur le dossier grec :

«C’est un prétexte pour mettre encore plus de pression sur les Grecs en les humiliant encore plus. En d’autres termes, les Allemands veulent trouver jusqu’où ils peuvent pousser les Grecs avant que ces derniers ne sortent de l’euro. Laissant ainsi Mme Merkel pouvoir dire, plus chagrinée qu'en colère […]: "Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour aider, mais ils ont décidé de s’en aller." [...] Pour faire court, ce que demandent les Allemands c’est la fin de la politique en Grèce. Il n’y aura qu’une politique à proposer, quelle que soit la combinaison de partis que formera le soi-disant prochain gouvernement à Athènes: ce sera la politique de Berlin

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