Life

L'éternelle nostalgie de la photo de classe

Slate.fr, mis à jour le 13.02.2012 à 17 h 25

une photo de classe. Tab59 via Flickr CC License by

une photo de classe. Tab59 via Flickr CC License by

Qui n’a pas gardé une vieille photo de classe dans ses tiroirs? Cette image souvent jaunie d’une enfance ou d’une adolescence envolée fait rejaillir souvenirs et émotions et rappelle, contrairement à ce qu’en disait Simone Signoret dans le titre de l’un de ses livres, que la nostalgie est toujours bien ce qu’elle était. Souvent, à la vue d’un tel cliché, ressurgit l’envie de reprendre contact avec des anciens camarades ou amis perdus de vue et de rallumer les feux du passé.

Le quotidien La Croix vient de revenir sur le phénomène ancien de la photo de classe, qui remonterait à la fin du 19e siècle, quelques décennies seulement après l’invention de la photographie par Nicéphore Niépce en 1826. Des premiers clichés collectifs pris dans une école d’Aubagne en 1896 ont été ainsi retrouvés et sur certains d’entre eux figurent notamment un certain Marcel Pagnol.

Non seulement ces photos font revivre des personnes disparues, mais elles renseignent aussi sur les modes de vie de l’époque. Certains chercheurs cernent même des enjeux politiques dans la photo de classe, entre «autorité» et «place de l'élève au sein de l'institution».

Si la photo de classe s’ancre dans le passé, elle s’inscrit aussi parfaitement dans le présent et la modernité par le biais du développement de sites internet qui lui sont entièrement consacrés comme Copains d’avant, qui rassemblerait plus de 13 millions d’inscrits et recenserait 2,5 millions de photos, soit un peu plus que son concurrent Trombi.com, qui aurait attiré 10 millions de passionnés avec 220.000 clichés mis à leur disposition.

Voilà quelques mois, L’Express indiquait que ces sites sur les photos de classe mineraient carrément l’activité des salariés sur le lieu de leur travail. Copains d’avant, qui vient de faire peau neuve, figurait, en effet, à la cinquième place de cette hiérarchie de la distraction du Net, preuve de l’étendue d’un phénomène social qui serait dans l’air du temps, comme le suggérait un psychothérapeute au magazine Psychologies:

«Cela rend compte d’une sorte de dépression générale que traversent actuellement nos sociétés, marquée par une incertitude douloureuse quant au présent et une peur de l’avenir qui font que les individus se tournent vers le passé pour se ressourcer. Le premier amour symbolise un moment de leur vie où ils se sentaient vivants et pleins de promesses. Ce désir d’un retour à une innocence première explique le succès phénoménal des sites généalogiques ou encore d’un site comme les Copains d’avant, qui permet de retrouver ses amis de classe.»

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