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Neurosciences: quand des singes regardent un western spaghetti

Slate.fr, mis à jour le 09.02.2012 à 12 h 10

Monkey watching you. Markhillary via Flickr Cc Licence by

Monkey watching you. Markhillary via Flickr Cc Licence by

Un singe qui regarde un western spaghetti perçoit-il la même chose que nous? L’idée peut paraître saugrenue, mais elle est pourtant à la base d’une étude scientifique très sérieuse menée par une équipe de chercheurs de Princeton, raconte le Guardian.

L’homme et le singe ont beaucoup en commun: ils partagent la majeure partie de leur patrimoine génétique, et leurs comportements peuvent être très proches. Les deux espèces se sont cependant séparées il y a quelques millions d’années, évoluant différemment depuis lors.

Des différences qu’Uri Hasson, à la tête d’une équipe de scientifiques, a voulu localiser. Pour les observer, l’étude s’est basée sur une expérience de 2004. Les cerveaux de cinq personnes avaient alors été scrutés au moyen d’imagerie par résonance magnétique (IRM), pendant qu’elles regardaient Le Bon, la Brute et le Truand.

Cette fois-ci, le même dispositif a été appliqué avec des macaques. Le but est ainsi de comprendre comment nos cousins éloignés perçoivent le poncho de Clint Eastwood,  réagissent aux regards menaçant lancés dans un cimetière, ou écoutent la musique d’Ennio Morricone.

Cette méthode d’étude des effets d’un film sur l’activité cérébrale, baptisée neurocinématique par ces scientifiques, vise avant tout à localiser les différentes fonctions du cerveau:

«L’avantage de cette nouvelle méthode est qu’elle permet d’identifier les régions du cerveau dont le fonctionnement est similaire chez plusieurs espèces. Vous pouvez prendre n’importe quelle zone cérébrale d’une espèce donnée et chercher dans l’ensemble du cerveau d’une autre la zone qui présente la même activité.»

Les résultats montrent que la plupart des spectateurs réagissent de la même manière aux images et aux sons perçus. Hommes et singes traitent en effet tous deux les informations visuelles «de manière hiérarchisée», c’est-à-dire en appliquant un certain nombre de critères pour sélectionner dans un flux de données ce qui est important.

On sait que le cerveau de l’homme a gagné en taille depuis des millions d’années, mais l’expérience a également montré qu’il n’était pas «un cerveau de singe en plus gros». Nous possédons en effet des aptitudes développées aux cours de notre évolution dont les singes sont totalement dépourvus. De même certaines capacités conservées par les singes ont été perdues par l’homme.  

Ce n’est en tout cas pas la première fois que les scientifiques associent singes et cinéma. Lors d’une expérience précédente des chimpanzés étaient même passés derrière la caméra, en se filmant eux-mêmes. De quoi concurrencer sérieusement Clint Eastwood et Sergio Leone.

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