France

Les libraires se mobilisent contre la hausse de la TVA sur le livre

Slate.fr, mis à jour le 06.02.2012 à 18 h 19

Book swapping. nSeika via Flickr CC Licence by

Book swapping. nSeika via Flickr CC Licence by

Les libraires vont-ils se mettre en grève? Alors que la TVA sur le livre va passer de 5,5% à 7% en avril, les professionnels s’inquiètent des conséquences économiques de cette mesure, relève le Guardian.

En France, le livre bénéficie d’un statut particulier depuis la loi Lang de 1981, qui impose un prix de vente unique, fixé par l’éditeur ou l’importateur. Le but affiché est de protéger les petites librairies contre le dumping des grands distributeurs.

Mais le plan de rigueur adopté en novembre 2011 prévoit, crise oblige, une hausse de la TVA sur les livres. Or le prix étant fixe, toute augmentation de la TVA équivaut à une perte sèche pour les détaillants. Une situation intenable dans un contexte de resserrement du marché, selon Guillaume Husson, délégué général du SLF.

«Le point et demi de hausse de la TVA sur le livre est évalué à 60 millions d'euros au maximum. C'est beaucoup de risques pour les libraires, pour une goutte d'eau dans les caisses de l'Etat.»

La mesure devait entrer en vigueur début 2012, mais a par la suite été repoussée au mois d’avril, afin de laisser aux vendeurs le temps de s’organiser. Insuffisant pour le Syndicat de la librairie française, qui veut profiter de la campagne présidentielle pour attirer l’attention des politiques.

Douze propositions ont ainsi été envoyées aux candidats, détaillant les conséquences «néfastes» de la hausse de la TVA. Le candidat PS François Hollande s’est déjà prononcé pour un retour à l’ancien taux, s’offusquant du fait que «la TVA sur le homard est à 5,5% et celle sur le livre, bientôt à 7%».

Pour protester contre la nouvelle législation, le Guardian explique même qu’une «grève de l’étiquetage» pourrait être mise en place, les vendeurs refusant de modifier les prix des livres et conservant les tarifs actuels.

Autre argument, plus philosophique qu’économique: le livre ne serait pas un bien économique comme les autres, assurent ses défenseurs. Il constituerait même «un bien de première nécessité» d’après Guillaume Husson, qui préconise l’application d’un «taux super réduit de TVA, comme dans la presse». Les journaux bénéficient en effet d’un taux de 2,10% de TVA.

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