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La Bourse prévoit la défaite d'Obama

Slate.fr, mis à jour le 06.02.2012 à 9 h 47

Barack Obama à Chicago, le 3 août 2011. REUTERS/Jim Young

Barack Obama à Chicago, le 3 août 2011. REUTERS/Jim Young

Cela s'est vérifié 13 fois au cours des 13 dernières élections présidentielles américaines qui se sont déroulées depuis 1936. Le site américain Investors.com l'appelle le baromètre IBD du sortant. Voilà comment il fonctionne: quand la Bourse enregistre une forte progression en janvier, d'au moins 6%, le challenger bat le sortant à chaque fois. Quand en revanche, le marché boursier enregistre une hausse ou une baisse relativement modeste de moins de 4% dans un sens ou dans l'autre, le sortant gagne à tout les coups.

Et devinez ce qui s'est passé en janvier 2012, le Nasdaq a gagné 8% indiquant une défaite pour Barack Obama. On peut toujours considérer que cette statistique vient d'être ressortie pour faire plaisir aux adversaires d'Obama et ils sont nombreux à Wall Street. Et le baromètre IDB n'est pas infaillible. Il s'est trompé en 1932, en pleine dépression, quand le démocrate Franklin Delano Roosevelt a battu le républicain Hoover lors d'un raz-de-marée.

Mais il faut reconnaître que depuis 1932, le baromètre a raison systématiquement tous les quatres ans. En janvier 2004, le Nasdaq a progressé de 3,1% et George Bush fils en dépit de la guerre en Irak a gagné en novembre.

En janvier 1992, le Nasdaq a gagné 5,8% et le challenger Bill Clinton, que personne ou presque ne voyait alors battre George Bush père, l'a emporté en novembre. En janvier 1980, le Nasdaq était en hausse de 7% et le challenger Ronald Reagan a gagné. Enfin en janvier 1976, l'indice S&P 500 a affiché une progression de 11,8% et le challenger Jimmy Carter a gagné la présidentielle 10 mois plus tard. Dans ces trois derniers exemples, l'électorat souhaitait ardemment un changement: après l'affaire du Watergate, l'effondrement économique des années 1970 et du fait de l'incapacité de George Bush père à tenir ses promesses et à ne pas augmenter les impôts.

Et il faut reconnaître que la volonté de changement de la population américaine est forte en ce début d'année 2012. Selon un sondage Gallup réalisé pour la chaîne de télévision ABC, pas moins de 81% des Américains ne sont pas satisfaits de la façon dont ils sont gouvernés. Ils considèrent dans leur très grande majorité que le gouvernement dilapide leur argent et que le Congrès ne défend pas leurs intérêts. Même la guerre du Vietnam et l'affaire du Watergate n'avaient provoqué une telle insatisfaction. En 1974, le chiffre jusqu'alors le plus mauvais pour un gouvernement dans un sondage comparable était de 66% d'opinions défavorables.

Si Obama est réélu dans dix mois, il réalisera alors une performance équivalente à celle de Franklin Delano Roosevel lors de la grande dépression. Une comparaison qui sera forcément flatteuse avec celui qui est considéré comme le plus grand président démocrate de l'histoire des Etats-Unis.

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