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Alzheimer se répand dans le cerveau comme un virus

Slate.fr, mis à jour le 02.02.2012 à 15 h 47

REUTERS

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Des chercheurs américains viennent d'annoncer une grande avancée dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer, dont le traitement jusqu'à maintenant est jugé inefficace. Des études opérées sur des souris montrent que la maladie n'est pas due à une partie spécifique du cerveau qui serait défectueuse mais à une propagation de neurones en neurones. Le Monde nous donne plus de détails sur les opérations.

«Ces chercheurs ont développé des souris transgéniques porteuses du gène produisant une forme anormale de la protéine humaine Tau dans le cortex entorhinal. Les cerveaux de ces souris ont été analysés à différents moments au cours d'une période de vingt-deux mois pour établir la carte de la progression de la protéine. Ils ont constaté qu'au fur et à mesure que ces souris vieillissaient, cette protéine se propageait.»

Un peu comme pour un incendie dont le foyer de départ se trouverait uniquement dans la partie qui gère la mémoire et pour lequel les portes coupe-feu seraient les conducteurs qui relient les neurones, eux-même éléments de base du système nerveux. Concrètement, si on bloque ces «portes», on bloque la propagation.

C'est ce que vont essayer de faire les chercheurs. Ce n'est pas une bactérie mais une protéine anormale appelée tau, qui passerait de cellule en cellule. Les chercheurs vont pouvoir tenter de court-circuiter le cheminement de cette protéine présente chez les rongeurs et, s'ils y parviennent, le New York Times explique que cela devrait pouvoir s'appliquer au cas humain.

«Bien que les études se basent sur des souris, les chercheurs disent qu'ils s'attendent à ce que le même phénomène se produise chez l'Homme parce que les souris ont le même gène tau et que la progression de la mort des cellules correspond à ce qu'ils voient chez les personnes ayant la maladie d'Alzheimer.»

Selon le Dr. Hardy cité dans le New York Times, cette découverte pourrait s'appliquer à d'autres maladies, et notamment à la maladie de Parkinson.

«Deux patients atteints de Parkinson avaient des cellules de fœtus implantées dans le cerveau afin de remplacer les neurones défectueux. Lorsque les patients sont morts, l'autopsie a montré qu'ils avaient encore les cellules fœtales, mais qu'ils avaient des boules de protéine de la maladie de Parkinson à l'intérieur. L'explication la plus probable est que la protéine toxique s'était propagée à partir des cellules malades du patient vers les cellules saines du fœtus. Mais on ne pouvait pas écarter de façon certaine l'hypothèse que la maladie venait d'une région défectueuse du cerveau.»

L'hypothèse de la propagation étant prouvée dans le cas d'Alzheimer, elle devrait être celle retenue pour Parkinson. Si les chercheurs bloquent la propagation de l'une, il feraient donc d'une pierre deux coups, voir plusieurs.

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