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Massacre à Port-Saïd: les forces de sécurité égyptiennes mises en cause

Temps de lecture : 2 min

Des spectateurs fuient le stade de Port-Saïd le 1er février  REUTERS
Des spectateurs fuient le stade de Port-Saïd le 1er février REUTERS

Le chaos et la destabilisation grandissent en Egypte, et l'Etat, le gouvernement, l'armée et les forces de sécurité semblent de plus en plus impuissants à maintenir un semblant d'ordre dans le pays. Mises en accusation pour les violences insupportables contre la communauté chrétienne copte et leur brutalité contre les manifestants de la place Tahrir au Caire, les forces de sécurité et plus particulièrement la police égyptienne viennent encore de montrer leur totale ineficacité avec le massacre du stade de Port-Saïd.

Le match de football qui a opposé, mercredi 1er février les équipes d'al-Masry SC (Port-Saïd) et du célèbre club al-Ahly, le plus grand du Caire et le plus titré d'Afrique, s'est soldé par 74 morts et un millier de blessés.

A peine l'arbitre avait-il sifflé la fin du match, que les supporters locaux, pourtant victorieux, ont envahi la pelouse à la poursuite des joueurs de l'équipe adverse. Cibles de jets de pierres, de bouteilles et de fusées, ces derniers ont fui vers les vestiaires cependant que leurs propres supporteurs descendaient à leur tour sur le terrain pour les défendre. La mêlée meurtrière a duré près d'une heure au cours de laquelle des centaines de personnes ont été poignardées, écrasées, battues, étouffées tandis que la police débordée, laissait faire incapable de réagir.

Pour la correspondante en Egypte de Time Magazine, Abigail Hauslohner, «la principale cause du désastre tient au caractère inepte des forces de sécurité. La situation en Egypte en termes de sécurité est lamentable. Les forces de l'ordre ont été entraînées sous Moubarak à s'en prendre à l'opposition et aux terroristes mais sont très mal équipées et incapables de régler les questions de criminalité et d'ordre public. Elles ont aussi peu de motivations pour le faire… Je suis par ailleurs très sceptique face à la tendance égyptienne à voir partout des théories du complot pour expliquer le désastre…».

L'opposition au gouvernement et notamment les Frères Musulmans accusent l'armée et la police d'être responsables et parlent même de complicité avec les groupes de supporteurs fanatiques qui ont impunément fait régner la terreur pendant une heure dans le stade de Port-Saïd. Les Frères Musulmans affirment que la police n'a même pas empêché des supporters équipés de couteaux et autres armes blanches d'entrer dans le stade.

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