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De quoi Facebook a-t-il peur?

Slate.fr, mis à jour le 02.02.2012 à 12 h 22

Logo Facebook/ Sevela.p via Wikimedia Commons

Logo Facebook/ Sevela.p via Wikimedia Commons

Le réseau social Facebook a déposé, mercredi 1er février, son prospectus d’introduction en Bourse en vue de lever 5 milliards de dollars. Cela place l'opération loin devant celle réalisée par Google, qui avait vendu pour 1,67 milliard de dollars de titres en 2004, rapporte les Echos.

L'entreprise fondée par Mark Zuckerberg vaudrait entre 75 et 100 milliards de dollars. Selon le document S-1 déposé à la Securities Exchange Commission (le gendarme de la Bourse américain), le réseau compterait plus de 845 millions d’utilisateurs dans le monde et 483 millions qui se connectent quotidiennement.

Mais l’entrée en Bourse de l’entreprise s’accompagne de plusieurs craintes quant à sa prospérité, explique The Atlantic:

Que les utilisateurs cessent d’utiliser Facebook. Une désaffection du réseau social rendrait évidemment la plateforme moins attractive pour les annonceurs publicitaires. En 2011, Facebook a révélé un chiffre d'affaires de 3,7 milliards de dollars en 2011, en hausse de 88 % par rapport à l'année précédente contre +154% entre 2009 et 2010. Si avec ses 845 millions d’utilisateurs, Facebook semble pour l’instant à l’abri d’un tel scénario, la jurisprudence MySpace où les utilisateurs se sont détournés du réseau est à prendre en considération, précise PC Mag.

Que les annonceurs publicitaires désertent la plateforme Facebook. L’investissement publicitaire reste une préoccupation essentielle puisqu’il représente encore 85% des revenus de l’entreprise (contre 98% en 2009 et 95% en 2010). Et Facebook a terminé 2011 avec un bénéfice net de 1 milliard de dollars.  

Aussi, la difficulté à mesurer avec précision le retour sur investissement a sans doute freiné les investissements publicitaires, précise Les Echos.

La menace Google. Comme le remarque Facebook lui-même dans son document, la plus grande menace n'est probablement pas certains réseaux étrangers comme Cyworld mais bien Google qui domine déjà la recherche et possède une part importante du marché des smartphones:

«Certains concurrents, dont Google, pourraient utiliser des positions fortes ou dominantes dans un ou plusieurs marchés pour prendre un avantage concurrentiel à notre encontre dans les régions où nous opérons notamment en intégrant des plateformes concurrentes de réseaux sociaux ou des fonctionnalités dans les produits qu'ils contrôlent comme les moteurs de recherche, navigateurs web, mobile ou les systèmes d'exploitation; voire en rendant l'accès à Facebook plus difficile.»

La réputation de Facebook souffre. L'histoire de Facebook et de la vie privée est presque aussi longue que l'histoire de Facebook. Le business model de l'entreprise repose sur la collecte et la vente de données de l'utilisateur à des annonceurs. Mark Zuckerberg affirme qu’il doit «maintenir et renforcer (sa) marque qui sera largement tributaire de (sa) capacité à continuer de fournir des produits utiles, fiables, sûrs et innovants».

Les gouvernements posent problème. Facebook est une entreprise internationale opérant à partir de pays avec des politiques et des concepts de  vie privée et de droits en ligne différents (comme le projet de loi américain Sopa).

Zynga se retire. Une autre crainte est que les développeurs s’installent sur d’autres réseaux sociaux et qu’ils emmènent avec eux les utilisateurs et les revenus qui vont avec. Zynga, la société de jeux web 2.0 sur les réseaux sociaux représente le premier partenaire de l’entreprise: en 2011, environ 12% du chiffre d'affaires de Facebook.  Si l'utilisation de jeux Zynga sur Facebook décline et si Zynga migre vers des plateformes concurrentes, ou si Facebook ne parvient pas à maintenir de bonnes relations avec Zynga, ils peuvent le perdre et les résultats financiers seraient indubitablement affectés.

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