France

Prothèses PIP: les failles de l'administration

Temps de lecture : 2 min

Un laboratoire à Rio, au Brésil, le 27 mars 2003, REUTERS/Sergio Moraes
Un laboratoire à Rio, au Brésil, le 27 mars 2003, REUTERS/Sergio Moraes

Les services de Xavier Bertrand, ministre de la Santé ont rendu public mercredi 1er février un rapport officiel consacré à l’affaire des prothèses mammaires. Intitulé «Etat des lieux des contrôles opérés par les autorités sanitaires sur la société Poly Implant Prothèse», il a été élaboré conjointement par la Direction générale de la santé et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Il est désormais disponible dans sa version complète ainsi que dans une version synthétique.

Ce document fournit pour la première fois la chronologie officielle des contrôles effectués par l’administration sanitaire auprès de la société varoise productrice des prothèses mammaires PIP aujourd’hui portées par environ 30.000 femmes en France et dont le gouvernement recommande l’explantation systématique.

Il apparaît aujourd’hui que l’attention de l’administration avait été attirée dès 1996 sur «des risques de malfaçons et de taux de ruptures anormalement élevés». Elle l’a ensuite été, par différents canaux, jusqu’en 2011 avant que la décision d’interdire la commercialisation de ces implants soit enfin prise.

«La société PIP, ayant déjà été inspectée deux fois [avant 2000] n’a pas été inspectée sur la période 2001-2010. Néanmoins, devant cette fraude particulièrement élaborée, il n’est pas évident qu’une inspection, même inopinée, aurait été efficace.»

Les auteurs du rapport observent aussi que les autorités sanitaires françaises n’ont pas été alertées par leurs homologues européennes et que les notifications de rupture des prothèses PIP par des chirurgiens esthétiques n’ont pas, durant longtemps, permis d’identifier un risque particulier par rapport aux autres marques.

Le rapport des deux administrations directement concernées conclut, en substance, que l’administration sanitaire n’a pas failli.

Pour autant, selon les auteurs, de nouvelles mesures de contrôle s’imposent tant à l’échelon national que communautaire. Ils recommandent notamment un renforcement des inspections des fabricants par l'Afssaps:

«Compte-tenu de la spécificité de certains dispositifs médicaux (implantables, longue durée d'utilisation), il convient de soumettre les fabricants à des inspections inopinées et régulières.»

Xavier Bertrand s'est dit favorable –comme dans le cas de l’affaire du Médiator– au lancement de deux missions d’enquête, l'une confiée au Parlement, l'autre à l'Inspection générale des affaires sociale; ce afin de «tirer le maximum d'enseignements» du scandale des prothèses mammaires PIP.

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