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Les médias allemands décryptent l'obsession de Nicolas Sarkozy avec l'Allemagne

Angela Merkel en juin 2011 au Bundestag. REUTERS/Tobias Schwarz

Angela Merkel en juin 2011 au Bundestag. REUTERS/Tobias Schwarz

«Capitaine Courage», «à la Gerhard Schröder» ou encore «l’Allemagne»… Ces derniers jours, la presse allemande est truffée de mots français.

Entre la récente prise de position d’Angela Merkel sur l’éventuel renouvellement de son mandat présidentiel de Sarkozy et l’intervention télévisée de ce dernier dimanche dernier, les réactions pleuvent et se concentrent sur les relations franco-allemandes.

La Süddeutsche Zeitung tente toutefois de relayer une question parfaitement franco-française. La journaliste Lilith Volkert note que Sarkozy «n’a pas dit ce que les Français souhaitent entendre». Mais:

Sarkozy est quand même en campagne. A travers son intervention télévisée, il n’a fait que réagir aux propositions de François Hollande. Et s’il a répondu de façon aussi détaillée aux questions relatives à l’économie et la compétitivité de la France, c’est sans doute pour mettre en avant une grande crédibilité sur ces thématiques.

Stefan Simmons, le grand correspondant politique du Spiegel à Paris, saisit également cette tentative de «mettre en avant une crédibilité». Il l’a décrypté avec une pointe d’ironie:

C’est avec une mine grave que le médecin-chef de la nation prononce son diagnostic de la France, et prescrit toute une série d’ordonnances visant à redresser une économie en berne. Son discours s’est situé entre pédagogie et confession à la Nation.

En attendant, il n’a pas échappé au journaliste:

En reluquant le voisin allemand, Sarkozy a dit: «Les Allemands disposent de 400.000 entreprises exportatrices, alors que nous, seulement 100.000».

Cette «obsession allemande», la correspondante de la Frankfurter Allgemeine Zeitung Michaela Wiegel, en fait le titre de son papier au lendemain de l’intervention télévisée du président. Ayant compté 15 occurrences du mot «Allemagne» (en français dans le texte), elle analyse:

A vrai dire, hormis l’évolution de la natalité outre-Rhin, Sarkozy semble s’emballer pour quasiment tout ce qu’a accompli l’Allemagne dans les dernières années: réformes du marché du travail, aide à la compétitivité, hausse de la TVA, développement de l’alternance, et flexibilité du travail.

Mais le modèle du modèle allemand pour Nicolas Sarkozy, c’est Gerhard Schröder, ancien chancelier SPD, s’étonne Michaela Wiegel.

Sarkozy a présenté l’ancien chancelier Gerhard Schröder comme une sorte de héros national, à qui l’Allemagne doit son économie dominante et ses excellentes statistiques d’emploi.

Le journal suit une ligne conservatrice. Traditionnellement, elle ne soutient pas les sociaux-démocrates. C’est la raison pour laquelle Michaela Wiegel a attentivement écouté à qui ou à quoi Sarkozy s’est référé:

Sarkozy a même attribué à Schröder l’augmentation de la TVA, alors que c’est une mesure de la grande coalition de l’époque, entre le SPD de Schröder et la CDU.

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