Monde

Les entreprises les plus irresponsables du monde «récompensées» à Davos

Temps de lecture : 2 min

Globe terrestre / Severino666 via Wikimedia Commons
Globe terrestre / Severino666 via Wikimedia Commons

Chaque année, en marge du Forum Economique Mondial de Davos (Suisse) qui s’est tenu du 25 au 29 janvier 2012, le Public Eye sanctionne, par la remise de «prix de la honte», des entreprises qui se sont distinguées par leurs agissements irresponsables dans les domaines de l’environnement.

Cette contre-manifestation organisée par la Déclaration de Berne et Greenpeace dénonce les dérives d’une mondialisation au profit des seuls intérêts des multinationales. Cette année, la catastrophe de Fukushima, la spéculation sur les denrées alimentaires et le méga-barrage de Belo Monte au Brésil ont marqué la remise des prix, rapporte The Guardian.

Pour cette édition 2012, Public Eye a décerné le prix du public à la firme brésilienne Vale (25.000 voix sur 88.000 votants), pour sanctionner cette «entreprise dont la participation au projet du barrage de Belo Monte n’est que le dernier chapitre d’une histoire continuellement marquée par un comportement particulièrement irresponsable», explique Novethic, média spécialisé dans le développement durable.

De son côté, Vale a qualifié ces allégations de «graves» et «sans fondement». Et a dénoncé «ceux qui ont choisi de dénaturer Vale», alors que la société ne participerait qu’à hauteur de 9%. «De toute évidence, nous sommes un actionnaire minoritaire», a écrit l’entreprise brésilienne dans un communiqué.

Aussi, le Public Eye Global Award, remis par le jury, a été attribué au groupe bancaire britannique Barclays pour «son activité de spéculation sur les produits alimentaires, qui affiche la plus grande croissance du secteur. Cette activité fait grimper le prix des produits alimentaires aux dépens des plus pauvres», ont indiqué les ONG.

Enfin, le groupe japonais Tepco est arrivé en 3e position des votes, épinglé pour sa responsabilité et sa gestion de la catastrophe de Fukushima.

«Public Eye est notre chance de montrer aux dirigeants des entreprises, aujourd’hui si proches de nous à Davos, que l’humanité et l’environnement ont le droit de se faire entendre, que nous sommes leur voix et que nous ne nous tairons pas», conclut Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International et membre du jury des Public Eye Awards. Pour sa part, François Meienberg, co-fondateur de La Déclaration de Berne, pointe le manque de transparence dans les affaires comme un problème majeur.

«La principale critique formulée ici à Davos est que les grandes entreprises sont réunis avec les gouvernements à huis clos, et personne ne sait ce qui se passe», a-t-il déclaré au Guardian. «Pour nous, il est toujours important de montrer l'envers du décor. Les victimes de ces entreprises peuvent avoir une voix ici.»

Hôte d’honneur de l’édition 2012 des Public Eye Awards, le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz a souligné l’importance revêtue par ce prix de la honte, qui a permis d’identifier «quelques-unes des multinationales les plus irresponsables de 2011», explique Swiss Info.

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