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Notre cerveau refuse de trahir ses valeurs pour de l'argent

Temps de lecture : 2 min

Money. 401K via Flickr CC Licence by
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Vendre son âme, acheter le silence de quelqu’un... notre moralité semble souvent bien fragile face à notre cupidité. Tout s’achète? Faux, répondent aujourd’hui des scientifiques: lorsque certaines valeurs nous sont sacrées, nous renonçons la plupart du temps à les renier contre de l’argent.

L’idée vous paraît simpliste? C’est qu’elle nous apparaissait jusqu’ici assez naturelle, sans qu’une explication scientifique n’ait été donnée. Une étude réalisée par une université américaine a tenté de combler ce manque, raconte le site Futurity.

Une expérience originale a été menée par les chercheurs de l'université Emory et de l'institut français Jean Nicod. Les volontaires du programme ont d’abord été équipés de capteurs permettant d’observer leur activité cérébrale. Ils ont ensuite été confrontés à une série de déclarations contradictoires telles que «je suis pour l’avortement/ je suis contre l’avortement» ou «j’aime/je n’aime pas le thé», parmi lesquelles ils devaient choisir.

Une fois ces tests effectués, les «cobayes» se sont ensuite vu proposer de l’argent s’ils acceptaient de signer une déclaration écrite affirmant l’inverse de ce qu’ils venaient de choisir. Les gains s’élevaient ainsi jusqu’à 100 dollars (76 euros) par déclaration niée. Le test permettrait ainsi de distinguer l’importance accordée aux différentes valeurs, explique Gregory Berns, un des scientifiques:

«Nous avons mis au point cette méthode pour mieux comprendre, de manière scientifique, le processus de décision, en cas de choix moral ou de dilemme. Si une personne refuse de se faire de l’argent en changeant sa déclaration, alors la valeur qui lui est attachée peut être considérée comme sacrée pour elle.»

Selon des expériences récentes, notre cerveau s’est adapté à l’utilisation de la monnaie, et a développé une capacité pour traiter les questions en rapport avec l’argent. Pourtant les images cérébrales de l’étude montrent que la zone cérébrale activée par l’expérience est la même que celle utilisée pour discerner le bien et le mal, et non pas celle stimulée par les récompenses ou le gain. Une découverte qui aurait des conséquences importantes, y compris en politique, en déduisent les scientifiques:

«La plupart des politiques publiques sont fondées sur la mise en place d’incitations et de freins. Nos découvertes indiquent qu’il n’est pas raisonnable de penser qu’une politique en termes de coûts-bénéfices influence les comportements des gens lorsqu’il s’agit de leurs valeurs personnelles sacrées.»

Slate.fr

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