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Ce que les ados ont dans la tête

Slate.fr, mis à jour le 30.01.2012 à 14 h 39

Lobes du cerveau via Wikimedia commons

Lobes du cerveau via Wikimedia commons

Ce n’est pas parce qu’un adolescent est intelligent et averti des risques que peut lui faire courir l’alcool qu’il ne prendra pas le volant à la sortie d’une fête bien arrosée et n'emboutira pas la voiture de son père (ou de sa mère). Et une jeune fille peut parfaitement évaluer les conséquences d’une grossesse précoce et se retrouver pourtant enceinte d’un garçon qu’elle connaît à peine.

Les actes dangereux et d’abord pour les jeunes eux-mêmes sont nombreux, régulièrement énumérés par les spécialistes, dont ceux de la gendarmerie nationale qui veut aider les parents à «repérer les conduites à risque chez les adolescents».

Mais qu’ont-ils donc dans la tête? s’exclament tous les parents, un jour ou l’autre. Une question à laquelle The Wall Street Journal tente de répondre en examinant le fonctionnement du cerveau des adolescents.  

Démonstration en deux points. D’abord, ce qui fait la différence, c'est l’expérience: elle est cruciale. Plus les adolescents apprennent à contrôler leurs pulsions, plus ils développent leur cortex préfrontal, et mieux ils parviennent à maîtriser  leurs pulsions. Tout se joue donc dans ce centre cérébral, «situé juste derrière le front», «responsable de notre activité de planification et de coordination».

Dès 2000, Sciences humaines présentait les travaux du chercheur américain, Michael Petrides qui a montré l’importance du cortex préfrontal, ce «grand planificateur» de nos actions quotidiennes.   

Second point, il faut oublier le vieux schéma selon lequel «nos gènes sont directement responsables» de nos comportements d’adultes. Les gènes ne font pas tout, il y a une série «d’interactions entre un organisme et son environnement; c’est ce processus de développement qui donne forme au cerveau adulte (et) peut changer grandement ce que nous sommes».

Selon la théorie présentée par The Wall Street Journal, la question n’est donc pas de savoir si le cerveau est arrivé à maturité, mais si «les lobes préfrontaux sont  instruits et exercés de façon appropriée».

Exemple: ce n’est pas en repoussant d’un an l’âge du permis de conduire qu’on diminuera le taux des accidents. Ce qu’il faut, c’est mettre en place un «système progressif dans lequel les adolescents vont acquérir lentement plus de  savoir-faire et plus de liberté». Bref développer «l’apprentissage», lequel influera sur le cortex préfrontal. Or c’est cette acquisition de savoirs quotidiens très pratiques qui manquerait à la génération actuelle, à la différence des générations passées.

Bonne nouvelle donc pour les parents d’adolescents: ils peuvent beaucoup plus agir sur le développement cérébral de leurs enfants qu’ils ne le croient. Et limiter leurs conduites à risques. A condition, par exemple, de les faire participer aux tâches domestiques.

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