Monde

Israël-Iran, entre propagande et coup de bluff

Slate.fr, mis à jour le 27.01.2012 à 15 h 22

Nuclear dreams 39 / Eudoxus via Flickr CC License By

Nuclear dreams 39 / Eudoxus via Flickr CC License By

Après s'être félicité de l'annonce d'un embargo européen sur les produits pétroliers en guise de sanction contre le programme iranien de développement nucléaire, Israël envisage d'attaquer ce pays «dont les leaders se sont donné pour but stratégique, explique Ehud Barakd'effacer Israël de la carte».

Le gouvernement iranien, qui soutient que son programme nucléaire n'a que des fins civiles, a déjà menacé de fermer le détroit d'Ormuz (90% du transit pétrolier du golfe) et de répliquer militairement dans le cas d'une attaque israélienne.

C'est ce que nous explique un article paru sur le New York Times, qui raconte également que plusieurs officiels israéliens considèrent actuellement la menace de représailles iraniennes comme... un coup de bluff. «Je ne dis pas que l'Iran ne va pas réagir, explique un ancien officiel israélien cité par le quotidien. Mais ça n'aura rien à voir avec Londres pendant la Seconde Guerre mondiale.»

Une étude menée par l'université de Tel Aviv et publiée prochainement a en effet conclu qu'un blocage du détroit était impossible sur le long terme, et pas dans les intérêts iraniens puisqu'il risquerait de conduire à une confrontation avec les Etats-Unis.

Mais Israël a-t-il vraiment quelque chose à craindre de l'Iran? C'est la question posée par William Pfaff du Chicago Tribune. Le journaliste parle d'une «propagande» israélienne sur le nucléaire iranien dans le but d'encourager une attaque américaine ou israélienne. Israël étant en effet l'une des premières puissances nucléaires mondiales, la menace iranienne serait toute relative.

Certains analystes jugent peu souhaitables d'éventuelles frappes israéliennes. Elles ne feraient que retarder de quelques années le programme nucléaire iranien et pourraient même augmenter la détermination de l'Iran, en même temps qu'elles contribueraient à unifier un peuple qui désavoue pour l'instant ses leaders. Et Israël pourrait se retrouver isolée.

Le journaliste du New York Times explique par ailleurs que les Etats-Unis, embarrassés et craignant des représailles iraniennes sur les troupes ou le matériel en poste dans des régions voisines, auraient tout intérêt à dissuader leurs alliés israéliens d'attaquer.

Le Telegraph rapporte que Mahmoud Ahmadinejad, président de la République d'Iran, se dit prêt à une rencontre avec les puissances internationales sur la question nucléaire, tandis que l'ONU estime qu'il incombe en priorité à l'Iran de prouver que son programme nucléaire n'est pas une menace à la paix.

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