Economie

Voulez-vous louer un hacker?

Slate.fr, mis à jour le 25.01.2012 à 11 h 08

GuiltyViewing Pleasures: Hackers/Ikricher via Flickr License by

GuiltyViewing Pleasures: Hackers/Ikricher via Flickr License by

Vous avez un contentieux avec votre associé et vous voulez avoir accès à ses dossiers? Alors louez les services d’un hacker! C’est ce qu’a fait un milliardaire koweitien en bisbilles avec son frère.

Bassam Alghanim, le frère visé, a compris que tous ses mails circulaient sur le web lorsqu’un de ses conseillers a retrouvé un document ultra-confidentiel (appartenant à son patron) «accessible sur Google», ainsi qu’il est apparu durant l’instruction de l’affaire portée devant la justice, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

The Wall Street Journal, qui consacre un long article à cette procédure, fait un premier constat: «L’espionnage et le piratage en ligne ont pris de l’importance» ces derniers temps. A Paris, fin 2011, un tribunal a condamné Electricité de France à payer 1,5 million d’euros pour avoir hacké les ordinateurs de Greenpeace.    

Deuxième constat, la méthode est au point. D'après le témoignage d'un des hommes qui a participé au piratage, recueilli dans le dossier judiciaire, il a suffit de fournir au hacker «l’adresse e-mail de la personne ciblée, les noms de ses amis ou collègues», et une liste de sujets qui l’intéressent. Le hacker adresse une lettre à la cible en se faisant passer pour une relation, installant par ce biais un logiciel espion (sur son  ordinateur) grâce auquel il se procurera le mot de passe de la cible. Et le tour est joué.

Troisième constat: le piratage est en train de devenir un service comme un autre. Les hackers basés en Chine seraient les «les plus tenaces et actifs», selon The Wall Street Journal. Autre exemple, le site hiretohack.net (dnt on ne trouve plus que la version en cache) offre d’intervenir au tarif «minimum de 150 dollars, selon le serveur, la complexité du mot de passe et l’urgence du travail à effectuer». Son équipe serait constituée d’«étudiants en technologie basé en Europe, aux Etats-Unis et en Asie».

Mais il en a coûté beaucoup plus que 150 dollars à Kutayba Alghanim: 200.000 dollars pour  les 13 mois de piratage. Il faut dire que plusieurs milliards de dollars sont en jeu, dans ce contentieux fratricide. 

Reste à savoir comment nommer ces «intervenants» nouvelle manière: pirates? hackers? Selon  le bloggeur Eric Filiol, si le hacker, «n’hésite pas à s’écarter de toute forme d’orthodoxie en particulier technique et scientifique pour parvenir à ses fins», il présente généralement «un certain anticonformisme, un soupçon d’autisme et d’esprit quelquefois perçu, à tort, comme asocial». Mais le  terme de «hacker» ne désigne «en aucun cas une personne dotée de mauvaises intentions, contrairement au pirate informatique».

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