Économie

Voulez-vous louer un hacker?

Temps de lecture : 2 min

GuiltyViewing Pleasures: Hackers/Ikricher via Flickr License by

Vous avez un contentieux avec votre associé et vous voulez avoir accès à ses dossiers? Alors louez les services d’un hacker! C’est ce qu’a fait un milliardaire koweitien en bisbilles avec son frère.

Bassam Alghanim, le frère visé, a compris que tous ses mails circulaient sur le web lorsqu’un de ses conseillers a retrouvé un document ultra-confidentiel (appartenant à son patron) «accessible sur Google», ainsi qu’il est apparu durant l’instruction de l’affaire portée devant la justice, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

The Wall Street Journal, qui consacre un long article à cette procédure, fait un premier constat: «L’espionnage et le piratage en ligne ont pris de l’importance» ces derniers temps. A Paris, fin 2011, un tribunal a condamné Electricité de France à payer 1,5 million d’euros pour avoir hacké les ordinateurs de Greenpeace.

Deuxième constat, la méthode est au point. D'après le témoignage d'un des hommes qui a participé au piratage, recueilli dans le dossier judiciaire, il a suffit de fournir au hacker «l’adresse e-mail de la personne ciblée, les noms de ses amis ou collègues», et une liste de sujets qui l’intéressent. Le hacker adresse une lettre à la cible en se faisant passer pour une relation, installant par ce biais un logiciel espion (sur son ordinateur) grâce auquel il se procurera le mot de passe de la cible. Et le tour est joué.

Troisième constat: le piratage est en train de devenir un service comme un autre. Les hackers basés en Chine seraient les «les plus tenaces et actifs», selon The Wall Street Journal. Autre exemple, le site hiretohack.net (dnt on ne trouve plus que la version en cache) offre d’intervenir au tarif «minimum de 150 dollars, selon le serveur, la complexité du mot de passe et l’urgence du travail à effectuer». Son équipe serait constituée d’«étudiants en technologie basé en Europe, aux Etats-Unis et en Asie».

Mais il en a coûté beaucoup plus que 150 dollars à Kutayba Alghanim: 200.000 dollars pour les 13 mois de piratage. Il faut dire que plusieurs milliards de dollars sont en jeu, dans ce contentieux fratricide.

Reste à savoir comment nommer ces «intervenants» nouvelle manière: pirates? hackers? Selon le bloggeur Eric Filiol, si le hacker, «n’hésite pas à s’écarter de toute forme d’orthodoxie en particulier technique et scientifique pour parvenir à ses fins», il présente généralement «un certain anticonformisme, un soupçon d’autisme et d’esprit quelquefois perçu, à tort, comme asocial». Mais le terme de «hacker» ne désigne «en aucun cas une personne dotée de mauvaises intentions, contrairement au pirate informatique».

Newsletters

J'ai découvert une entreprise qui ne cherche pas à grossir à tout prix, et ça m'a fascinée

J'ai découvert une entreprise qui ne cherche pas à grossir à tout prix, et ça m'a fascinée

Une marque a besoin de trouver un équilibre économique, pas forcément de devenir leader d'un marché.

Pourquoi l'hôtellerie-restauration ne séduit plus les travailleurs

Pourquoi l'hôtellerie-restauration ne séduit plus les travailleurs

Si les hôtels et les restaurants ont rouvert après de longs mois de fermeture, le secteur a du bien du mal à recruter. Les négociations à venir pourraient entraîner une revalorisation des salaires.

Au Royaume-Uni, les pénuries font craindre un nouvel Hiver du mécontentement

Au Royaume-Uni, les pénuries font craindre un nouvel Hiver du mécontentement

Ces derniers jours, le manque d'essence et de biens de consommation a semé un vent de panique en Angleterre. Des événements qui ne sont pas sans rappeler la période 1978-1979. 

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio