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Iran: l'efficacité contestée de l'embargo pétrolier

Temps de lecture : 2 min

Amelia-A. Strocchi via Flickr CC Licence by
Amelia-A. Strocchi via Flickr CC Licence by

Les principaux dirigeants de l’Union Européenne sont parvenus à un accord lundi 23 janvier pour imposer un embargo graduel sur les exportations de pétrole iranien vers l'Europe. Devant l’obstination de la République islamique à poursuivre son programme nucléaire, les grandes puissances occidentales s’attaquent ainsi directement à son portefeuille, une technique sensée donner plus de résultats que les pressions diplomatiques et militaires.

Les Vingt-Sept frappent fort: tout nouveau contrat avec le secteur pétrolier iranien est désormais interdit, et les contrats existants devront être annulés d’ici au 1er juillet. De même des mesures ont été adoptées afin de restreindre l’accès de la banque centrale du pays au marché international. Dans la foulée les Etats-Unis ont ajouté la Bank Tejarat à leur liste noire des sociétés finançant le programme nucléaire iranien.

Les sanctions sont historiques, seront-elles efficaces? Selon un article du Time, rien n’est moins sûr. D’abord parce que «le coût de l’embargo s’annonce élevé pour l’Europe», à qui l’Iran vend en effet environ 20% de sa production.

L’Union pourra se tourner vers d’autres pays exportateurs, mais cette réorientation prendra du temps. Or, relève le journaliste, «les principaux consommateurs européens de pétrole iranien sont les pays qui connaissent déjà les plus grandes difficultés au niveau financier». La Grèce notamment importe près d’un tiers de son pétrole d’Iran.

L’annonce a été minimisée par Téhéran, pour qui «les menaces et les sanctions sont vouées à l’échec» et «n’empêcheront pas l’Iran d’obtenir ses droits fondamentaux». Alors que le pétrole constitue 90% des exportations de l’Etat du Golfe vers l’Europe, et les trois-quarts de son économie, Téhéran pourrait bien se tourner vers la Chine, de loin son premier client, en lui vendant sa production à bas coût, court-circuitant ainsi l’embargo occidental.

Par ailleurs l’aggravation des sanctions risque d’entraîner une radicalisation du régime de Téhéran et d’unir le peuple derrière Mahmoud Ahmadinejad, contribuant à le renforcer alors que les élections de mars approchent. Alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz demeurent extrêmement fortes, l’embargo pourrait bien s’avérer beaucoup moins efficace que prévu.

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