France

Affaire Bettencourt: nouvelles interrogations sur les conditions d'embauche de Florence Woerth

Slate.fr, mis à jour le 20.01.2012 à 14 h 04

Florence Woerth. REUTERS/Eric Gaillard

Florence Woerth. REUTERS/Eric Gaillard

Florence Woerth avait-elle vraiment le profil correspondant au poste qu’elle occupait lorsqu’elle travaillait chez Clymène? Il n’y a pas que les fadettes ou les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 qui retiennent l’attention des juges bordelais en charge de l’affaire Woerth-Bettencourt. Les enquêteurs s’intéressent également de très près à l’épouse d’Eric Woerth.

Selon un article de l’Express publié le 19 janvier, les enquêteurs auraient découvert qu’elle a été embauchée chez Clymène, une société chargée de faire fructifier une partie de la fortune de Liliane Bettencourt, alors que son profil ne correspondait pas à la fiche du poste qu’elle occupait.

Florence Woerth a-t-elle bénéficié d’un traitement de faveur du fait du statut de son mari? L’information semble en tout cas accréditer l’hypothèse d’un trafic d’influence, toujours nié par les deux époux. Florence Woerth avait en effet été recrutée en 2007 par Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, directeur de Téthys, une société présidée par la milliardaire.

D’après Patrice de Maistre, auditionné par la justice en juillet 2010, cette embauche aurait eu lieu suite à une rencontre avec Eric Woerth. «Son mari était ministre des finances, il m’a demandé de le faire (…) j’l’ai fait pour lui faire plaisir», explique-t-il à l’héritière du groupe l’Oréal dans les enregistrements illégaux effectués par un majordome des Bettencourt.

Quelques mois plus tard, en janvier 2008, le directeur de Téthys se voyait remettre l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur des mains mêmes du ministre du Budget.

Florence Woerth avait démissionné de Clymène en juin 2010, suite à des révélations de Mediapart. En plus de la proximité entre Eric Woerth et Patrice de Maistre, le site avait révélé que Clymène avait perdu près de 107 millions d’euros entre 2000 et 2008, formulant l’hypothèse que la société servait en réalité à favoriser l’évasion fiscale.

Par ailleurs la découverte des enquêteurs du parquet de Bordeaux intervient en plein examen des comptes de campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy pendant laquelle Eric Woerth était alors trésorier de l’UMP. Les soupçons de financements illégaux ont été renforcés par le témoignage de Claire Thibout, l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt, qui a affirmé le 14 septembre 2011 qu’Eric Woerth avait reçu 50.000 euros des mains de Patrice de Maistre trois mois avant le premier tour de la présidentielle 2007.

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