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La fille d'Ezra Pound veut dissocier le nom de son père des fascistes italiens

Slate.fr, mis à jour le 20.01.2012 à 11 h 39

Ezra Pound/ Nemo Bis via Wikimedia Commons

Ezra Pound/ Nemo Bis via Wikimedia Commons

La fille du poète américain Ezra Pound –connu pour être un fervent soutien du fascisme mussolinien- a lancé des poursuites judiciaires afin que l'organisation néo-fasciste italienne Casa Pound –en référence à son père- change de nom, rapporte The Guardian.

«Les fascistes veulent se revendiquer de Pound, mais ils n'ont rien à voir avec Pound. Ils représentent une nuisance et il doit y avoir quelque chose que je peux faire pour les arrêter» raconte sa fille, Mary de Rachewiltz, 86 ans, qui enseigne Les Cantos -œuvre majeure de son père- en Italie.

Si elle avait déjà envisagé une procédure judiciaire il y a deux ans, elle s’est décidé à intenter une action en justice depuis le 13 décembre 2011-date à laquelle un militant d'extrême droite, proche de Casa Pound, avait ouvert le feu dans deux marchés de Florence, provoquant la mort de deux Sénégalais avant de se suicider, résume RFI.

Sa fille, qui lui voue une adoration sans pareil, mène une bataille de longue haleine pour séparer Ezra Pound le poète d’Ezra Pound le fasciste et l’antisémite, ce qui explique pourquoi l'émergence de Casa Pound est si douloureuse pour elle.

Ezra Pound est notamment intervenu lors d'émissions radiophoniques diffusées pendant la Seconde Guerre mondiale, où il a défendu les théories racistes du dictateur fasciste Benito Mussolini à plusieurs reprises, avant de se faire capturer par l'armée américaine en 1945 et de se faire incarcérer pendant douze années dans un asile d’aliénés.

«Pound a juste cité ce que Mussolini disait» précise Mary De Rachewiltz. Et explique que «cette organisation se cache derrière le nom de Pound pour la couverture intellectuelle». Mais elle reconnait qu’ «il [Ezra Pound, ndlr] a fait des erreurs et nous devons prendre son bon côté, comme il le faisait avec les autres. Il est tombé dans certains clichés antisémites qui sévissaient en Europe et aux Etats-Unis à l'époque».

«Elle ne nous connaît pas du tout. Nous ne sommes ni racistes ni violents. Nous aimerions résoudre ce problème en dehors du tribunal. Pound n'est pas une marque déposée, tout le monde peut faire référence à ses idées», déclare Simone di Stefano, un porte-parole de Casa Pound, groupe qui compte désormais près de 5.000 membres.

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