Économie

La sortie du nucléaire pourrait coûter 1.700 milliards à l'Allemagne

Temps de lecture : 2 min

-La centrale du Tricastin.REUTERS/ Muriel Boselli-
-La centrale du Tricastin.REUTERS/ Muriel Boselli-

1.700 milliards d’euros. C’est le prix que devra payer l’Allemagne pour sortir du nucléaire, selon les estimations les plus pessimistes de Siemens, rapporte Le Figaro. Le géant industriel précise que les investissements destinés à compenser l'abandon de l'atome devront être payés «soit par la clientèle, soit par le contribuable».

«Nous avons calculé qu'il faudra investir de 1.400 à 1.700 milliards d'euros dans le secteur de l'énergie allemand durant les 20 ans à venir»,
a expliqué à l'agence Reuters Michael Süss, membre du directoire de Siemens chargé du secteur de l'énergie.

Pour ses estimations, Siemens a pris en compte le remplacement des centrales nucléaires par d'autres moyens de production, l'aménagement des réseaux mais également le démantèlement des installations existantes. Une autre estimation -ne prenant pas en compte tous les éléments selon le Figaro- avait été réalisée par l'électricien allemand RWE et chiffrait le coût de la sortie de l'atome à «seulement» 250 à 300 milliards d'euros.

Mais Colette Lewiner, directrice internationale du secteur énergie et utilities chez Capgemini, apporte une nuance à ces estimations:

«D'une manière générale, il est très difficile de calculer exactement à une échéance précise le coût de la sortie du nucléaire(…) Le poste très important que représente le démantèlement des réacteurs varie très sensiblement en fonction de la stratégie de démantèlement et de la durée des opérations, qui peuvent courir sur plusieurs dizaines d'années.»

Selon elle, ces estimations ne sont pas réellement transposables au modèle français et il serait inexact, pour calculer le coût en France, de tripler ces chiffres sous prétexte que la part du nucléaire dans la production d'électricité est trois fois plus importante en France qu'en Allemagne.

«D'un pays à l'autre, chaque ­politique énergétique sera différente. Dans le cas de la France, il faudrait évaluer précisément le poids financier de l'investissement dans des énergies de substitution et dans l'adaptation du réseau», conclut-elle.

Un avis partagé par Gilles Bridier, qui écrivait récemment sur Slate que «tout dépend de la méthodologie et du sens donné à l’arrêt du nucléaire».

La sortie programmée et progressive du nucléaire à l'horizon 2022 avait été décidée en mai 2011 par la chancelière allemande Angela Merkel, après la catastrophe de Fukushima. 8 réacteurs sur les 17 existants ont déjà cessé leur activité.

Cet arrêt partiel du nucléaire en Allemagne a relancé les exportations françaises d’électricité, explique Le Parisien. Ainsi, la France est redevenue en 2011 exportatrice nette d'électricité vis-à-vis de l'Allemagne, selon le bilan annuel publié jeudi par le gestionnaire de réseau RTE.

Slate.fr

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