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Les chiites ne sont pas bienvenus à Gaza

Temps de lecture : 2 min

 Destruction in Gaza. Gloucester2gaza via Flickr CC License by.
Destruction in Gaza. Gloucester2gaza via Flickr CC License by.

Le Hamas a un nouvel ennemi intérieur: les chiites. Vendredi 13 janvier, un groupe d’«hommes armés» du parti au pouvoir à Gaza a fait brutalement irruption dans une maison du quartier de Sheikh Zayyad. Ils y ont arrêté 14 des quelque 30 chiites qui s’y étaient réunis pour prier et ont battu les autres. L’attaque, raconte Haaretz, s’inscrit dans une série de «mesures de répression contre les organisations chiites, caritatives inclues», menées par le Hamas par «crainte de l’influence iranienne grandissante à Gaza».

Des «centaines de sunnites», citoyens ordinaires et militants, se seraient ralliés au chiisme. Et c’est un chiite converti, Iyad al-Hosni, qui, après avoir été évincé du Djihad islamique, y aurait été —«probablement sous pression iranienne»— réinstallé à la tête d’un groupe de convertis.

Deux groupes palestiniens des droits de l’Homme ont dénoncé, lundi 16 janvier, «l’usage "excessif" de la force à l’encontre de Palestiniens chiites par la police du Hamas à Gaza», rapporte l’Orient le jour. Mais le ministère de l’Intérieur du Hamas a déclaré que les «Palestiniens de la bande de Gaza et de la Palestine en général sont de confession sunnite» et qu’il n’était «pas au courant de l’existence de chiites».

Or, selon Haaretz, certains des chiites arrêtés auraient publié, dimanche 15 janvier, un communiqué pressant l’Iran de ne plus financer le Hamas en raison de la persécution des chiites dans la bande de Gaza:

«Téhéran a déjà réduit sa contribution à l’égard du Hamas suite au refus de celui-ci de soutenir Bachar el-Assad.»

Le parti au pouvoir à Gaza accuse le président syrien de réprimer «dans le sang le soulèvement de son propre peuple (dont) les Frères musulmans, alliés naturels du Hamas», explique RFI. En effet, «Téhéran et Damas voient le Hamas (islamiste sunnite) s’éloigner, là où le Hezbollah (chiite libanais) a confirmé son allégeance aux parrains iranien et syrien».

D’ailleurs début janvier, Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, a entrepris une tournée dans plusieurs pays de la région, dont la Tunisie et l’Egypte. Un indice supplémentaire, toujours selon RFI, que «le Hamas cherche donc à se repositionner dans un environnement arabe sunnite plus conforme à sa nature que l’alliance avec l’Iran chiite ou avec le clan Assad (issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme)».

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