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Faut-il consommer de la drogue pour être visionnaire?

Slate.fr, mis à jour le 18.01.2012 à 19 h 14

Deux hommes dans un centre de désintoxication en Iran. REUTERS/Raheb Homavandi.

Deux hommes dans un centre de désintoxication en Iran. REUTERS/Raheb Homavandi.

La prise de «drogues récréatives» serait-elle liée à l’intelligence des consommateurs? Si cette hypothèse semble être confirmée par plusieurs études, elle apparaît d’autant plus prégnante quand on s’intéresse aux drogues que prenaient les grands visionnaires scientifiques, explique IO9. De Sigmund Freud à Steve Jobs en passant par Bill Gates, l’usage de la drogue semble avoir été un catalyseur de leurs découvertes.

Mais elle n'explique évidemment pas le génie de ces scientifiques et maîtres des technologies, qui est le fruit d'une intelligence inouïe et d'une dose exceptionnelle de travail.

«Avant, lorsque je regardais une feuille blanche, mon esprit était plein d'idées. Aujourd'hui, tout ce que je vois c'est une feuille blanche». Ce témoignage de Paul Erdős, un célèbre mathématicien hongrois, témoigne de la possible capacité créative des amphétamines, dont il avait dû arrêter la consommation après un pari.

Pour Steve Jobs, fondateur d’Apple, prendre du LSD dans les années 1960 était «l'une des deux ou trois choses les plus importantes qu'il avait faites dans sa vie» —une affirmation que Brian Palmer avait analysée sur Slate quelques jours après sa mort. Le patron d'Apple allait plus loin en pensant que le manque d’imagination de Bill Gates était lié à un manque d’expérimentations psychédéliques. Dans un entretien à Playboy en 1994, le cofondateur de Microsoft assurait pourtant avoir pris du LSD lorsqu’il était jeune, même s’il déclarait avoir arrêté après 25 ans.

De son côté, Sigmund Freud considérait la cocaïne comme un médicament miracle, et a été pendant de nombreuses années un grand partisan de son utilisation pour des usages variés. Dans une lettre écrite à sa fiancée, Martha, Freud notait:

«Si tout va bien, je vais écrire un essai sur la cocaïne, et je m'attends à ce qu'elle trouve sa place dans la thérapeutique à côté de la morphine voire même qu’elle soit supérieure à elle... Je prends régulièrement de très petites doses pour lutter contre la dépression avec de brillants résultats.»

Son ouvrage Über Coca, publié en 1884, s'intéresse aux propriétés de la cocaïne et les effets sur le corps humain en lui reconnaissant des effets bénéfiques pour traiter différentes maladies, comme le rappelle le blog Scicurious.

Thomas Edison, un des inventeurs américains les plus importants et prolifiques, s’était lui aussi laissé tenter par la consommation de cocaïne: en 1863, le chimiste français Mariani avait développé une boisson à base de vin de Bordeaux et d’extraits de feuille de coca, dont chaque bouteille contenait 6 à 7 mg de cocaïne, et il était un consommateur de cet «élixir de vie».

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