Monde

L'Irak à la Turquie: arrêtez de vous mêler de nos affaires!

Slate.fr, mis à jour le 16.01.2012 à 14 h 45

Iraqi Prime Minister Nourial-Maliki/ Leader Nacy Pelosi via FlickrLicense by

Iraqi Prime Minister Nourial-Maliki/ Leader Nacy Pelosi via FlickrLicense by

Le «modèle turc» connaitrait-il des ratés? Il n’est en tout cas pas du goût du Premier ministre irakien.  Nouri el-Maliki a remis la Turquie  à sa place, vendredi 13 janvier. Et l’a avertie de ne pas se mêler des affaires de l’Irak. C’était lors d’une interview télévisée sur Al-Hurra, raconte HurriyetDailyNews. «La Turquie est en train de jouer un rôle qui pourrait conduire au désastre et à une guerre civile dans la région» a déclaré le Premier ministre irakien. Et de préciser qu’«Ankara elle-même pourrait souffrir si ces initiatives déclenchaient un conflit au Moyen-Orient».

Deux jours auparavant,  Recep Tayyip Erdogan aurait lui-même averti le premier ministre irakien des risques que ce dernier faisait courir à la démocratie de son pays. Selon TodaysZaman, le Pemier ministre turc, un sunnite, aurait pressé son homologue irakien, un chiite, de prendre des mesures pour réduire les affrontements intercommunautaires que connait le pays.

Après qu’un mandat d’arrêt a été lancé en décembre contre le vice-président irakien Tariq el-Hashemi–accusé de «diriger un escadron de la mort»- plusieurs explosions ont eu lieu à Bagdad. Et le vice-président, un sunnite, s’est réfugié dans le nord de l'Irak, dans les régions kurdes autonomes où les «forces de sécurité de l’état irakien ne peuvent l’atteindre». Nouri el-Maliki suspecte Tariq el-Hashemi de vouloir partir pour la Turquie alors qu’il lui a été interdit de se rendre à l’étranger.

L’Irak est un énorme enjeu  pour la Turquie. Vendredi 13 janvier, le Premier ministre turc et le président américain Obama se sont  entrenus de la situation en Irak. «Les deux dirigeants partagent l’idée qu’un gouvernement englobant toutes les sensibilités irakiennes est nécessaire pour la stabilité du pays», écrit TodaysZaman.

«Dans la nouvelle Irak, la Turquie tient également à préserver ses investissements notamment concentrés dans les secteurs de la construction et de la distribution énergétique. Pour l’année 2011, les échanges commerciaux entre les deux pays atteignent la somme de 12 milliards de dollars et continuent leur progression. En termes d’exportation, l’Irak est le quatrième partenaire de l’économie turque», rappelle le blog de l'Observatoire de la vie politique turque (Ovipot).

Or La Turquie est «en concurrence avec Téhéran pour le leadership régional (exportation du modèle de société, influence dans le monde musulman, question palestinienne, crise syrienne)». Et «Ankara ne voit pas d’un bon œil une possible poussée iranienne» vers les pays du sud – dont l’Irak.

«Un risque d’autant plus grand pour la Turquie que l’Iran pourrait, dans ce cas de figure, aisément instrumentaliser la question kurde et mettre fin à la situation plutôt favorable aux intérêts turcs dans la région». Car actuellement, les forces turques n’hésitent pas à intervenir dans le nord de l’Irak pour tenter de détruire les combattants kurdes du PKK qui y ont leurs bases. L’armée turque bombarde «régulièrement une partie de ce territoire avec l’accord tacite de son président, Massoud Barzani. Une situation très volatile et de moins en moins tenable compte-tenu des tentatives d’affirmation du pouvoir de Bagdad», comme viennent de l’attester les critiques du premier ministre irakien.

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