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Si on n'aime pas le nucléaire, c'est à cause de James Bond

Temps de lecture : 2 min

NO-18-F001. Johanoomen via Flickr CC Licence By
NO-18-F001. Johanoomen via Flickr CC Licence By

Les services secrets de Sa Majesté feraient de piètres communicants. La mauvaise réputation dont souffre l’énergie nucléaire ne serait en effet pas seulement due aux accidents de Three Miles Island, Tchernobyl ou Fukushima, mais aussi… aux films de James Bond rendus responsables du désamour entre la filière nucléaire et l’opinion publique. C’est en tout cas ce que soutient David Phillips, président de la Royal Society of Chemistry, dans un article du Guardian.

En cause: les «grands méchants» qui jalonnent l’histoire de l’agent britannique, coupables d’avoir instillé la peur du nucléaire aux spectateurs. Ainsi le célèbre Docteur No, ennemi de 007 dans son premier film (1962), finit ses jours en tombant dans le réacteur de sa centrale secrète, après avoir voulu saboter des missiles américains.

Les peurs ont la vie dure: cinquante ans après la sortie de Docteur No, un sondage BVA montrait en décembre 2011 que l’accident dans une centrale nucléaire était la menace écologique qui inquiétait le plus les Français. Pas surprenant pour David Philipps. Si le public est si sceptique sur cette question, c'est aussi parce que les James Bond utilisent ce thème de manière récurrente (entre autres, dans On ne vit que deux fois ou Demain ne meurt jamais):

«Le portrait du mégalomane maléfique et de son réacteur nucléaire caché sur une île des Caraïbes a contribué à forger la perception entièrement négative et terrifiante de cette industrie, perçue comme une force du mal.»

En avançant cette idée, l’objectif de la Royal Society est surtout de réaffirmer son attachement à l’énergie nucléaire, alors que son utilisation soulève de plus en plus d’inquiétudes dans le monde. L’argument semble néanmoins un peu léger pour Penny Kemp, le porte-parole du Parti Vert britannique:

«Il est invraisemblable de penser que les perceptions des gens ont été influencées seulement par Le monde ne suffit pas. Le film est sorti juste après Tchernobyl, il reprend juste une peur réelle. La vérité, c’est que le nucléaire est dangereux et sale. »

Chez Greenpeace, on ne semble pas non plus avoir apprécié la démarche. «Les James Bond n’ont pas terni la réputation des industries nucléaires, a déclaré un membre de l’ONG, elles y sont très bien parvenues toutes seules.» Avec humour, l'organisation écologiste en a d'ailleurs profité pour rappeler le débat actuel sur le coût de cette énergie: «Je ne sais pas si ces industries ont une base secrète sur une île volcanique, mais si c'est le cas, ce serait certainement moins cher à construire qu'une centrale nucléaire.»

Slate.fr

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