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Nicolas Sarkozy soutient-il vraiment le mariage gay?

Slate.fr, mis à jour le 13.01.2012 à 11 h 51

Love. Assassin de la police via Flickr CC Licence by

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Proposition sincère ou manœuvre électorale? Nicolas Sarkozy envisagerait d’inclure une union civile pour les couples homosexuels dans son programme, selon la «une» de Libération du 13 janvier. «Sa décision est prise», auraient affirmé plusieurs députés proches du président au quotidien. «Rien n'est encore fait. Sur ces sujets de société, il se décide en fonction de son intime conviction, mais il a été toujours très ouvert sur la question», ajoute ensuite un proche de l’Etat cité par Libération.

«Nicolas Sarkozy cherche à surprendre en proposant une mesure "progressiste"» d’après l’Express. Pour l’hebdomadaire, le président en campagne veut ainsi profiter d’un effet d’annonce pour rassurer ses électeurs les plus modérés, qui pourraient être tentés par le Modem de François Bayrou.

Le modèle proposé est celui de «l’union civile» qui offre les mêmes droits économiques et sociaux que le mariage civile, sans en avoir la portée symbolique, fait remarquer sur un blog hébergé par Têtu Gilles Bon-Maury, président d'HES (Homosexualité et socialisme). Il rappelle que la proposition figurait déjà dans le projet de Nicolas Sarkozy pour 2007, sans qu’aucune avancée n’ait lieu sur le sujet au cours du quinquennat. Nicolas Sarkozy s’est d’ailleurs plusieurs fois opposé clairement au mariage gay, comme en 2006 lors de la campagne électorale:

«Le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle: les enfants ont besoin d'un père et d'une mère.»

Rien de neuf donc sous le soleil selon Têtu, qui voit dans la manœuvre une manière de refuser aux homosexuels un droit obtenu dans bon nombre de pays depuis 2007, mais sur lequel la France prend du retard:

 «C’est donc pour refuser l’ouverture du mariage à tous les couples qu’en 2006 déjà, le candidat Sarkozy proposait cette "union civile", objet juridique non identifié, pacs amélioré, sous-mariage, d’abord réservé aux seuls homosexuels, puis finalement à tous les couples sans enfant.»

La nouvelle risque en tout cas de déplaire à plus d’un membre de la majorité. «Je ne suis pas favorable au mariage gay, et je tiendrai jusqu’au bout», a affirmé Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate associé à l’UMP, agitant même la menace d’une «rupture» entre sa formation et le parti majoritaire. Sensibles aux positions de l’Eglise sur le sujet, Christine Boutin s’aligne ainsi sur Benoît XVI, qui affirmait lundi 10 janvier que le mariage homosexuel était «une menace pour l’humanité».

«C’est à la fois un coup médiatique et un ballon d’essai», a réagi Jean-Luc Roméro, conseiller régional d’île-de-France. «Les élections approchent, il essaie de se donner une autre image pour séduire les homosexuels», a déclaré l’ancien secrétaire national de l’UMP affilié aujourd’hui au PS, avant d’ironiser sur l’efficacité d’un telle stratégie: «Aujourd'hui, il faut être honnête: un gay qui vote conservateur, c'est comme une dinde qui vote pour Noël.»

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