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Israël veut interdire le mot «nazi»

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Un juif ultra-orthodoxe marche devant des écolières à Jerusalem, le 8 novembre 2011. REUTERS/ Baz Ratner.
Un juif ultra-orthodoxe marche devant des écolières à Jerusalem, le 8 novembre 2011. REUTERS/ Baz Ratner.

Toute personne qui utilise des symboles nazis ou profère des «injures nazies» en public sera condamnée à une amende de 100.000 shekels (25.000 euros). C’est ce que prévoit un projet de loi approuvé par le Comité ministériel israélien sur la législation.

La proposition du député Uri Ariel (Union nationale), est intervenue après une manifestation fin décembre 2011 de juifs ultra-orthodoxes et anti-sionistes (haredim) au cours de laquelle des hommes et des enfants vêtus d’uniformes de camp de concentration, portant des étoiles jaunes sur leurs vêtements, dénonçaient «leur ghettoïsation», rapporte le webzine d’opinion israélien JSS News.

Selon Uri Ariel, «aujourd’hui tout le monde utilise ces symboles pour n’importe quelle raison. Ça fait juste parler et vendre. C’est insupportable de délégitimer ainsi la Shoah». Il précise également que son projet de loi «ne fait pas de distinction entre les émeutiers pro-palestiniens de Bil’in ou les haredim anti-sionistes qui utilisent ces symboles».

Que sanctionne précisément cette loi? Le projet de loi interdit l'utilisation de toutes formes du mot «nazi» y compris les consonances de ces mots; les épithètes associés au nazisme, le IIIe Reich ou l'un de ses dirigeants; le port de vêtements rayés ressemblant à ceux portés par les déportés pendant la Shoah et enfin les étoiles jaunes que les Juifs ont été obligés de porter pendant la Seconde Guerre mondiale, explique le quotidien israélien Hareetz.

Toutes les photographies, dessins ou sculptures représentant une croix gammée ou autre chose qui fait référence au nazisme sont également prohibés par le projet de loi.

«Nous qui avons survécu et vécu ces crimes nazis sommes particulièrement choqués de voir les manifestants utiliser sans honte aucune des enfants dans cet outrage public. Ils ont insulté la mémoire de toutes les victimes juives, y compris celles qui étaient ultra-orthodoxes», a dénoncé Elan Steinberg, vice-président du Rassemblement américain des survivants de l’Holocauste et de leurs descendants.

Dan Ephron, chef du bureau de Newsweek à Jérusalem, a ajouté que «même si Israël garde précieusement le souvenir du génocide, de nombreux Israéliens l’invoquent d’une manière futile ce qui peut apparaître choquant pour les étrangers et cela pourrait même être illégal dans certains pays», comme l'Allemagne, où l'affichage public de symboles nazis reste interdit par la loi, rapporte The Lede, blog du New York Times. En France également, est interdit tout port de symboles nazis.

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