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Le binge drinking, une histoire de classes sociales

Slate.fr, mis à jour le 11.01.2012 à 17 h 22

Beer Bottle Caps /Deege@fermentarium.com via Flickr CC License by

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Les Américains aux plus hauts revenus boivent de l'alcool plus régulièrement, mais les moins riches le consomment en plus grandes quantités.

C'est le résultat d'une étude conduite par le Centre américain pour le contrôle  et la prévention des maladies (Center for Disease Control and Prevention) et reprise par le Washington Post.

L'enquête a été menée en 2011 auprès de 450.000 adultes interrogés sur leur consommation d'alcool en un mois, et sur le plus grand nombre de verre bus en une seule fois. Les résultats montrent bien que la pratique du binge-drinking est plus répandue chez les Américains dont le revenu par foyer est égal ou supérieur à 75.000 dollars (58.800 euros), mais que le nombre de verres bus d'un coup est plus élévé dans les foyers percevant moins de 25.000 dollars (19.6000 euros) de revenu avec 8 à 9 verres en moyenne.

L'année dernière, une étude britannique avait déjà mis en avant la différence de comportement face à l'alcool en fonction du milieu social. Les chercheurs avaient interrogé un échantillon d'environ 5.000 adolescents âgés de 13 ans sur leur consommation d'alcool, leur milieu socio-économique et le niveau d'éducation de leur mère. Nous vous en avions déjà parlé, les enfants issus de familles riches ont été plus nombreux à déclarer avoir déjà goûté de l'alcool, un chiffre qui diminue plus le niveau d'éducation de la mère augmente. Plus le salaire est élevé, plus la probabilité de trouver de l'alcool dans la maison est donc elevée mais des mères avec un niveau d'éducation plus élevé encouragent un comportement plus sain.

Même si des chercheurs du Maryland avaient identifié en 2011 un «gène du binge-drinking» (le désir de boire de manière excessive serait lié à une protéine logée dans une partie du cerveau, l'amygdale), tout montre que l'alcool est bien une affaire de milieu social.

En 2011, The Guardian consacrait un article à la question de la consommation d'alcool chez les jeunes Français, en évoquant un comportement anglo-saxon qui se serait importé tel quel en France. Nabila Ramdani, une journaliste spécialisée dans les affaires franco-britanniques interrogée par le Guardian, racontait son expérience de l'université d'Oxford, où elle a enseigné. «L'université supprime la barrière des classes quand il est question pour les étudiants britanniques de se soûler, et les jeunes Français prennent aujourd'hui la relève

En France, d'après des chiffres de l'INPES datant de 2005, la consommation occasionnelle et excessive concerne en particulier les jeunes de 15-19 et 20-25 ans: respectivement 26% et 35% d'entre eux ont été ivres au moins une fois dans l'année contre 1% seulement des 65-75 ans. Et si la consommation d'alcool est en baisse constante depuis 1960, on consomme plus de vins de qualité et l'on tend à réserver l'alcool à des contextes festifs plus propices aux excès.

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