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La Suède reconnaît le partage de fichiers en tant que religion officielle

Slate.fr, mis à jour le 11.01.2012 à 14 h 04

I love P2P. RocketRaccoon via Flickr CC Licence By

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Les Suédois vouent décidément un véritable culte au partage de fichier. Les adeptes du Peer-to-Peer pouvaient déjà s’engager en politique au sein du célèbre Parti Pirate, ils pourront désormais se présenter en tant que croyants à part entière. Le gouvernement suédois vient en effet de reconnaître l’Eglise Missionnaire du Kopimisme («Missionary Church of Kopimism», dérivé de l’anglais «copy me») comme une religion à part entière, relate le site Forbes.

Le mouvement a été fondé par Isak Gerson, qui en est le leader spirituel, et avait déjà essuyé deux refus lors des précédentes demandes visant à sa reconnaissance par l’Etat. Pour accéder au rang de religion, la toute jeune Eglise a du prouver qu’elle possédait un «système de croyance et des rituels».

Selon Gerson, sa religion est avant tout fondée sur la croyance partagée que l’information doit circuler sans entrave, l’essentiel du culte consistant à diffuser et à partager des dossiers. C’est donc en toute logique que les 3.000 fidèles «Kopimistes» ont choisi comme caractères sacrés «CTRL+C» et «CTRL+V», soit les raccourcis clavier pour copier/coller.

Les adeptes échapperont-t-ils aux poursuites judiciaires en cas de partage de fichiers illégaux? Le piratage de données protégées reste en effet illégal en Suède, même si l’Etat scandinave est connu pour sa tolérance envers de telles actions. Malgré tout, le débat fait rage depuis deux ans autour de l’Ipred, équivalent local de l’Hadopi, qui prévoie notamment l’obligation pour les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de communiquer les identités des internautes contrevenant au droit d’auteur.

Le Kopimism est très proche du Parti pirate. Ce mouvement politique, créé en 2006, ne prône pas seulement le téléchargement libre, mais également la lutte contre les monopoles privés ou la protection de la vie privé des internautes.

De nombreux partis similaires se sont structurés dans le monde. Le parti suédois a d’ailleurs remporté 7% des voix aux élections européennes de 2009, tandis que son homologue allemand s’arrogeait 9% des suffrages à Berlin en 2011. S’il a moins de succès, un parti pirate français existe néanmoins depuis 2006, et pourrait se présenter aux législatives en 2012.

La reconnaissance du Kopimism s’inscrit donc dans une démarche politique. Elle donnera notamment aux Kopimistes le droit d’organiser des offices religieux, rassemblements permettant la diffusion de leurs idées, ainsi que la possibilité de recevoir des dons. On ne sait pas encore si la quête en faveur de la paroisse pirate pourra se faire par paiement en ligne.

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