Référendum: le piège tendu par Cameron aux indépendantistes écossais

Northern Constabulary Pipe Band at Dingwall Remembrance Parade 2010. Conner395 via Flickr CC Licence By

«Le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse devrait avoir lieu le plus tôt possible», a fait savoir le cabinet de David Cameron, rapporte le Telegraph. Le lendemain, l’hôte du 10 Downing Street a déclaré sur Sky News qu’il souhaitait que le vote ait lieu dans les 18 prochains mois.  Le Premier ministre britannique serait-il devenu un fervent défenseur de l’identité celte?

Bien au contraire, il s’agirait en fait d’une manœuvre politique destinée à faire échouer le projet. Explications: le Parti national écossais (SNP) est majoritaire au Parlement d’Edimbourg depuis 2007. Au cœur de son programme: la promesse d’organiser un référendum sur l’indépendance. En mai 2011, le SNP avait largement remporté les élections avec 45% des voix. Une légitimité sur laquelle Alex Salmond, le Premier ministre local, compte bien s’appuyer.

Depuis le Scottish Act de 1998, l’Ecosse a obtenu la dévolution des pouvoirs et la maîtrise de la plupart de ses affaires internes. Pas encore assez pour le SNP qui prône l’indépendance complète. Mais selon un sondage publié sur le Guardian, seulement 30% des Ecossais se prononcent en sa faveur. Un chiffre en progression constante.

La décision de David Cameron vise donc à prendre de vitesse le SNP, afin de programmer un vote avant que le sentiment indépendantiste ne gagne trop de terrain. Affirmant que «les Ecossais méritent une question claire», le chef du gouvernement britannique semble ainsi répondre aux attentes du SNP, tout en lui tendant un piège.

Cameron plaide ainsi pour que le scrutin se limite à un choix entre le maintien ou non de l’Ecosse dans le Royaume-Uni, alors que le SNP souhaiterait y ajouter une troisième voix, appelée «transfert maximum» des pouvoirs, moins effrayante pour l’électorat indécis. Le leader conservateur joue la carte de la dramatisation, en mettant en garde contre «l’incertitude et les dommages sur l’économie» qu’un report de la consultation pourrait causer.

Le parlement écossais a le droit de proposer un référendum, mais pas le pouvoir légal de l’organiser. Westminster devrait donc accepter la proposition, tout en imposant un délai. Alex Salmond a immédiatement dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence de Londres, soutenue par le Parti travailliste écossais, pour contrôler le référendum.

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