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Quelle justice pour les terroristes du 11-Septembre? L'avis du fils d'un juge de Nuremberg

Slate.fr, mis à jour le 09.01.2012 à 17 h 16

Nuremberg Trials.Marion Doss via Flickr CC Licence By

Nuremberg Trials.Marion Doss via Flickr CC Licence By

«La terreur au tribunal». C’est en ces termes qu’une tribune du Wall Street Journal résume le procès de Khalid Sheikh Mohammed, le «cerveau» présumé des attentats du 11 septembre 2001, et de quatre autres accusés, qui pourrait débuter en mars 2012.

Les terroristes ont-ils le droit à une justice équitable? Pour répondre à cette question, l'écrivain anglais William Shawcross établit un parallèle entre le tribunal de Nuremberg, où avaient été jugés les responsables nazis en 1945, et celui de Guantanamo. L’auteur connaît bien le sujet, puisque son propre père était le procureur du Royaume-Uni à Nuremberg.

«Le Mal se réinvente en permanence», affirme Shawcross, avant de comparer le «dogme d’Al-Quaeda» au fascisme combattu lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais quelle que soit l’horreur des crimes commis, le droit à la justice demeure une des valeurs fondamentales des pays démocratiques, rappelle-t-il.

Mais, selon lui, l’équilibre est souvent difficile entre le devoir d’assurer la sécurité d’un pays à tout prix et la nécessité de juger les détenus, fussent-ils terroristes, conformément à la loi. D’après lui, Barack Obama en est la parfaite illustration:

«En tant que sénateur et candidat à la présidence, Barack Obama avait critiqué la quasi-totalité des décisions prises par George W. Bush lors de la "guerre contre le terrorisme". Mais en découvrant la complexité du combat contre le terrorisme islamique, M. Obama a abandonné la plupart de ses anciennes positions. En mars 2011, il a signé une décision administrative autorisant la détention pour une durée indéfinie des terroristes retenus à Guantanamo. Il a également donné son accord pour que le tribunal militaire se tienne sur la base.»

Nous évoquions déjà, il y a quelques mois, comment Obama avait contribué à diminuer les libertés publiques en renonçant à la fermeture de Guantanamo ou en autorisant l’assassinat de citoyens américains perçus comme terroristes.

En juin, Mark Martins a été nommé procureur de la Commission militaire en charge du procès. Une tâche encore plus difficile que celle de Robert H. Jackson, procureur en chef pour les Etats-Unis à Nuremberg, estime Shawcross. Ce tribunal sera en effet observé avec attention. Martins s’est d’ailleurs empressé d’afficher son indépendance:

«Nous ne pouvons pas prendre des décisions pour satisfaire le public ou le Congrès. Comme nos prédécesseurs à Nuremberg, nous sommes dans l’obligation de nous éloigner d’une "justice des vainqueurs".»

Retrouvez ici tous nos articles sur les attentats du 11 septembre 2001.

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