Économie / Politique

La France veut instaurer une taxe Tobin

Temps de lecture : 2 min

Port-au-Prince, Haïti, octobre 2010. REUTERS/ Eduardo Munoz
Port-au-Prince, Haïti, octobre 2010. REUTERS/ Eduardo Munoz

Après le retour de la TVA sociale, celui de la taxe Tobin. «Paris “n'attendra pas l'Europe”», titre ce samedi Les Echos.

Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi que la France souhaitait mettre en place d'ici fin janvier des décisions sur une taxe sur les transactions financières, «avec ou sans l'Allemagne, tout en espérant être suivie par l'ensemble de la zone euro», souligne le site du quotidien économique.

«“Nous la mettrons en oeuvre parce que nous y croyons”, a ajouté Nicolas Sarkozy, en clôturant à l'Elysée le colloque “Nouveau monde” (...) jugeant “inacceptable” que “les transactions financières soient les seules transactions exonérées de toute taxe”. “Lorsque vous achetez un appartement, dans tous les pays du monde vous payez une taxe. Lorsque vous allez dans un supermarché pour vous nourrir, vous payez une taxe. Lorsque vous faites une transaction financière, vous ne payez pas de taxe. Qui peut comprendre? Qui peut l'accepter?”, a-t-il interrogé.»

Cette taxe Tobin était déjà à la une du G20, en octobre dernier. A l'époque, Gilles Bridier, sur Slate.fr, nous expliquait de quoi il en retournerait:

«Faut-il taxer les 3 millions de milliards d’euros échangés chaque année dans la finance? (…) Depuis quinze ans, les altermondialistes et quelques économistes comme l’ancien chef économiste de la Banque mondiale Joseph Stiglitz la réclament. Mais les cercles libéraux et les investisseurs internationaux étaient parvenus à en empêcher la mise en œuvre, arguant du déficit de compétitivité que créerait cette taxe dans les pays qui l’appliqueraient, avec le risque de se trouver contournés par les flux financiers. (…) [Cette taxe] a comme objectif de financer le développement et de réduire les inégalités entre pays riches et pays pauvres. “A économie globalisée, solidarité mondiale”, résume Philippe Douste-Blazy, au secrétariat général de l’ONU.

Mais l’aide mondiale est loin des ambitions affichées pour réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim. L’Europe, par exemple, avait prévu de consacrer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement en 2015; elle n’en est qu’aux deux tiers, constate l’OCDE.

(…) [Elle] permettrait de progresser dans la lutte en faveur du développement malgré le resserrement des politiques publiques. Et de transférer une partie de l’aide incombant aux contribuables sur les flux financiers.»

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