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Mitterrand et De Gaulle, la synthèse de Hollande

Slate.fr, mis à jour le 03.01.2012 à 11 h 01

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François Hollande lors d'une session du Conseil général de Corrèze, le 31 mars 2011. REUTERS/Régis Duvignau.

François Hollande lors d'une session du Conseil général de Corrèze, le 31 mars 2011. REUTERS/Régis Duvignau.

François Hollande publie ce mardi 3 janvier dans Libération une lettre aux Français dans laquelle il estime que «la crise n’excuse pas les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat» et pointe «la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans», qui aura mené une «présidence de la parole» et été «le président des privilégiés». Et s’interroge:

«Plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement?»

S’il fait référence à l’élection de François Mitterrand en 1981 dans sa conclusion, ainsi qu’aux «puissances de l’argent», le candidat PS se place également sous le patronage d’un autre président: 

«Comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu dans cette élection et dans le choix que feront les Français, c’est [...] l’indispensable redressement de la Nation.»

1958, comme l’année du retour du général de Gaulle au pouvoir après un putsch en Algérie, épisode où l’implication de l’homme du 18-Juin est encore âprement débattue.

Ce n’est pas la première fois que le candidat se place sous ce double patronage, comme le notait récemment sur Rue89 l’historien américain Robert Zaretsky selon qui «à l'approche des élections en France, les candidats se disputent la mémoire de De Gaulle». Il l’avait déjà fait dans une tribune au Nouvel Observateur sur la dissuasion nucléaire, peu avant Noël, ainsi que dans son discours d’investiture à la Halle Freyssinet, le 22 octobre:

«Me revient une belle phrase d'un ancien président de la République qui avertissait: les gens veulent que leur histoire leur ressemble ou au moins qu'elle ressemble à leurs rêves... C'est Charles De Gaulle qui répond aujourd'hui à la droite.»

Dans un portrait publié au moment de la primaire, Libération rappelait que le père de François Hollande, Georges, était un sympathisant de l’Algérie française et de l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, farouche opposant à De Gaulle et candidat (5,2% des voix) à la présidentielle de 1965. Un scrutin que le candidat évoquait dans ce portrait:

«Pour moi, il n’existait que le général de Gaulle. Et puis, d’un coup, j’ai vu surgir de nouveaux visages: Jean Lecanuet et François Mitterrand, qui venaient de s’inviter comme opposants.»

Interrogé en 2010 par Public Sénat au moment du soixante-dixième anniversaire de l’appel du 18-Juin, François Hollande avait émis un jugement positif mais nuancé sur De Gaulle:

«Le gaullisme, dans la version de 1940, c’est l’indépendance et le courage, la volonté de combattre. Il a pris une autre dimension avec l’entrée de De Gaulle en politique et est devenu une composante, certes respectable et souvent glorieuse, de la droite républicaine.»

Retrouvez toutes les chroniques publiées par François Hollande sur Slate ainsi qu'une synthèse sous forme d'abécédaire.

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