Culture

Le song-stretching, du mème à l'art

Temps de lecture : 2 min

Justin Bieber, précurseur malgré lui de la tendance du song-stretching / jake.auzzie via Flickr CC License by
Justin Bieber, précurseur malgré lui de la tendance du song-stretching / jake.auzzie via Flickr CC License by

Le principe est simple: étirer à l’extrême un morceau de musique existant pour en faire apparaître la dimension cosmique. De Lady Gaga au thème des Dents de la mer en passant un étirement de 5 heures du refrain de «Friday» de Rebecca Black, la tendance aura irrigué les plateformes de partage de vidéos en 2011.

Comme l'explique le Washington Post, le premier grand succès de l’étirement de chanson remonte à 2010, lorsque le DJ et producteur Nick Pittsinger avait diffusé sur Soundcloud une version 800 fois ralentie de U Smile de Justin Bieber, transformant ainsi la chanson de la pop star américaine en une œuvre héroïque digne de Sigur Ros, ou en un «choeur béat de chérubins digitaux». Depuis, même le Nyan Cat, mème absolu, a été passé à l’étireuse:

Mais du LOL à l’art, il n’y a qu’un pas. Jenn Pelly explique sur Pitchfork comment Bear in Heaven, groupe de rock new-yorkais, a commencé en décembre à diffuser sur son site internet un nouvel album I love you, it’s cool, ralenti à 400.000%. Lorsqu’il sortira en format CD dans 4 mois, cet album de 44 minutes aura été diffusé une fois entièrement sur le site internet.

Point de départ de cette démarche qui se situe selon les brooklyniens entre l’art et la blague: l’œuvre du Norvégien Leif Inge qui avait étiré en 2002 la 9e symphonie de Beethoven sur 24 heures. Parmi les étirements réussis, celui de In My Life des Beatles dans un ralentissement qui confine au post-rock:

Pour Chris Richards du Washington Post, l’étirement des morceaux représente un moyen comme un autre de se procurer –en réaction à un Internet toujours plus rapide– un moment de langueur et de tranquillité. Une «mème-aphore de la vie humaine».

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