France

Affaire Karachi: «Sarkozy savait» selon Libération

Temps de lecture : 2 min

Dessin de Laura Paoli
Dessin de Laura Paoli

Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, a toujours nié être «impliqué» ou même «au courant» de la vente d’armes au Pakistan en 1994, transaction autour de laquelle planent des soupçons de rétrocommissions et de financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 et qui est le point de départ de «l’affaire Karachi».

Ce lundi 2 janvier, Libération consacre sa une à de nouveaux éléments qui viennent mettre en doute la version du président de la République, avec un titre on ne peut plus direct: «Sarkozy savait».

Le journal rapporte [article payant] que lors de son audition par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, Gérard-Philippe Menayas, a affirmé que Nicolas Sarkozy «ne pouvait ignorer le versement de commissions en marge de la signature du contrat» d’armement avec le Pakistan.

Ancien directeur administratif et financier de la DCNI, la branche internationale de la Direction des constructions navales, Menayas a déclaré au sujet de la société offshore luxembourgeoise Heine, utilisée par la DCNI pour verser des commissions aux intermédiaires de contrats d’armement:

«Il est clair que le ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine. Vu l’importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu’au niveau du cabinet du ministre.»

Si le versement de commissions était légal jusqu’en 2000, celles versées à l’occasion de la fameuse transaction avec le Pakistan sont soupçonnées d’avoir donné lieu à des rétrocommissions (de tous temps illégales) qui auraient servi à financer la campagne d’Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.

Les révélations de Libération ne prouvent pas que Nicolas Sarkozy savait pour les rétrocommissions, mais met à mal sa ligne de défense selon laquelle il n'était au courant de rien. D’autant plus qu’elles viennent s’ajouter à d’autres éléments: un document saisi par la police française à la DCN [article payant] et révélé par Mediapart indiquait déjà que Nicolas Sarkozy aurait validé la création de Heine, tandis qu’un rapport de la police luxembourgeoise relie l’existence de Heine au versement de rétrocommissions en France.

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

Libération consacre par ailleurs un article [payant] à la faible crédibilité de la défense d’Edouard Balladur, qui affirme que sa campagne a été financée par la vente de gadgets et non par des rétrocommissions. Une version contredite par plusieurs responsables de la campagne lors de leurs auditions par la police, qui cherche l’origine de 15 millions de francs déposés en liquide sur les comptes de campagne.

Newsletters

Jean-Paul Belmondo, professionnel de Roland-Garros

Jean-Paul Belmondo, professionnel de Roland-Garros

L'acteur avait deux amours: le cinéma et le sport. Fan de boxe, cofondateur du PSG, le comédien mort le 6 septembre 2021 à l'âge de 88 ans ne manquait presque jamais une édition de Roland-Garros. Dans les dernières années de sa vie, c'est l'un des...

Lu Shaye, l'ambassadeur qui prouve que la diplomatie chinoise passe à l'offensive

Lu Shaye, l'ambassadeur qui prouve que la diplomatie chinoise passe à l'offensive

Les remous provoqués par ce «loup guerrier», qui a insulté un chercheur français sur Twitter, s'inscrivent dans un cadre plus large.

VGE, président du cool trente ans avant Obama

VGE, président du cool trente ans avant Obama

Valéry Giscard d'Estaing est mort ce mercredi 2 décembre à l'âge de 94 ans. Tout au long de sa vie politique, l'ancien président de la République n'aura cessé de tenter de se construire une image d'homme moderne, en rupture avec les chefs d'État...

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio