Economie

La production d'iPhones et d'iPads rapporte peu à la Chine

Slate.fr, mis à jour le 27.12.2011 à 15 h 28

L'Apple store de Pékin en septembre 2010 chinnian via Flickr CC License by

L'Apple store de Pékin en septembre 2010 chinnian via Flickr CC License by

De la même façon que le «Made in France» devient le thème à la mode de la campagne présidentielle, les candidats à la primaire républicaine jettent l'opprobre sur le «Made in China» qui fait concurrence au «Made in America» et aux emplois américains. Soit une manière détournée d'accuser des multinationales américaines qui délocalisent leur production en Chine, comme Apple, de créer de la richesse en Chine plutôt qu'aux Etats-Unis.

Sauf qu'il s'agit d'une crainte erronée pour des produits Apple comme les iPhone et les iPads. Acheter Apple, c'est en fait bien acheter américain, dans la mesure où seulement 5% des profits et 2% du coût de la main d'oeuvre revient à la Chine contre 60% des profits réalisés sur la vente d'iPhones et 30% sur la vente d'iPads qui sont pour Apple.

«Bien que ces produits, en incluant la majorité de ses composants, soient fabriqués en Chine, les principaux profits reviennent à l'économie américaine tant qu'Apple continue de conserver ses employés en design industriel, développement de logiciels, management de produits, marketing et autre activité à forte valeur ajoutée sur le territoire américain», écrivent les trois chercheurs américains et co-auteurs d'une étude intitulée Capturing Value in Global Networks: Apple's iPad and iPhone, qui considèrent que, compte tenu de la faible valeur économique produite par l'assemblage de composants, insister pour la relocalisation de ces tâches n'est pas nécessairement le meilleur moyen pour remettre l'Amérique au travail.

Par ailleurs, si ces produits sont assemblés en Chine, ce ne sont pas des compagnies chinoises qui s'en chargent mais les ateliers chinois de la compagnie taiwanaise, Foxconn.

Dans une tribune à Forbes, un professeur d'économie à l'USC Marshall School of Business raconte comment il a défié son voisin Johnny, propriétaire de plusieurs restaurants à Los Angeles, reprenant les arguments économiques anti-chinois de certains hommes politique, de ne plus acheter aucun produit fabriqué en Chine, «puisqu'il était si inquiet du mal que ces produits de l'étranger faisaient à l'économie américaine».

En moins de deux jours, Johnny avait renoncé au pari: une preuve de la dépendance de l'économie américaine à l'économie chinoise. Pour autant, à regarder les chiffres fournis par une étude du San Francisco Federal Reserve, une telle défiance à l'égard des Chinois ne devrait pas exister. 55% de la valeur des produits importés de Chine revient aux Etats-Unis, contre 36% de celle des produits importés d'autres pays.

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