Monde

Un diplomate européen, français, pro-Turquie et bon pour la retraite

Slate.fr, mis à jour le 26.12.2011 à 12 h 58

Turkish flag/Quinn Anya via Flickr cc licenceby

Turkish flag/Quinn Anya via Flickr cc licenceby

Son mandat? Préparer l’intégration de la Turquie à l’Union européenne. Alors que la France s’illustre par son opposition active à une «Turquie européenne », l’ambassadeur français Marc Pierini travaille à celle-ci depuis cinq ans. Il représente auprès des autorités turques, non pas la France mais l’Union européenne dont il est le chef de délégation à Ankara.  Ou plutôt représentait car le mandat de l’ambassadeur européen, qui part à la retraite, s’achève cette semaine.

Marc Pierini est né à Marseille. Ses «origines méditerranéennes alliées à une longue expérience du monde arabe» lui permettent de «comprendre ce pays compliqué qui se fait une fierté d’être au centre de tant de régions différentes».

«Homme de l’ombre», Marc Pierini avait négocié à partir de 2004 avec l’Etat libyen la libération des «infirmières bulgares et du médecin palestinien retenus pendant huit années dans les geôles libyennes de 1999 à 2007», rappelle Bakchich.

Le diplomate avait nourri une certaine amertume à l’égard de «la photo souvenir de Cécilia Sarkozy sur le tarmac de l’aéroport de Sofia, aux côtés des infirmières fraîchement libérées» alors que la «France est arrivée sur le tard, voire même le très tard» dans cette affaire.

Paris aurait même «joué à un jeu dangereux, du fait de l’empressement de Nicolas Sarkozy à conclure l’affaire». Déjà en poste à Ankara, Marc Pierini avait écrit un livre (Le Prix de la liberté, Actes Sud, 2008) pour  raconter la vraie histoire des négociations secrètes avec la Libye et remis «Sarkozy à sa place».  

«Représenter l’Europe en Turquie n’a jamais été un boulot facile». Désormais le «scepticisme» est de mise alors que l’Europe «semble plus concentrée sur ses propres problèmes» et la Turquie focalisée sur les «possibilités de s’étendre ailleurs» plutôt que «de redonner vie à leurs relations». Pourtant les «normes et valeurs européennes» ont désormais un sens  très concret pour des «milliers de Turcs» et cela on le doit au français Marc Pierini, explique l’ancien député européen vert Joost Lagendijk dans TodaysZaman.

D’abord, l’Ambassadeur de l’Union européenne en Turquie a pu distribuer des aides  européennes de plus en plus importantes («500 millions d’euros en 2007, 900 millions d’euros l’année suivante»). Et puis, il a sillonné le pays pour suivre ces projets de coopération dont l’objectif est de mettre la Turquie en conformité avec les «règles, pratiques et politiques européennes». 

«Le virus européen a déjà gagné toute la Turquie, et il ne sera pas facile de remettre le génie dans la bouteille, même si certains hommes politiques semblent aspirer à ce que la Turquie se retire de l’Europe». «Merci Marc!» conclut l’article de ce quotidien turc pro-gouvernemental.

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