Saint-Suaire de Turin: c'est bien le linceul du Christ selon une étude

Copie du Saint-Suaire de Turin, septembre 2008. einalem via Flickr CC License by

Une nouvelle étude suggère que le Saint Suaire de Turin, l’une des reliques les plus mystérieuses de l’histoire du christianisme, est bien le drap dans lequel le corps de Jesus aurait été enveloppé après sa crucifixion. Selon le Telegraph, cette découverte relance une nouvelle fois le débat sur l’authenticité de ce linceul sacré, et remet en cause l’idée qu’il ne serait qu’un faux datant du Moyen Age.

D’après les scientifiques italiens à l’origine de cette étude, les expériences faites sur les marques du suaire –sensées représenter le corps et le visage d’un homme torturé et flagellé– ne peuvent pas avoir été contrefaites au Moyen Age étant donné l’état peu avancé des technologies de l’époque.

Sur Slate, Henri Tincq rappelait l'an dernier que la controverse concernant le Saint Suaire, que des millions de personnes viennent voir dans la cathédrale de Turin chaque année, ne date pas d’hier:

«Les premiers doutes des scientifiques viennent de l’absence de repères formels pour identifier le parcours de la relique, entre la mort de Jésus et l’année 1355 où l’on trouve, pour la première fois seulement, la trace de cette pièce de lin, en France à Lirey, dans la collégiale de Geoffroy de Charny, dont l’épouse organisa les premières “ostensions” (expositions) du linceul.»

Selon cette femme, le suaire aurait été ramené par un de ses ancêtres après le sac de Constantinople en 1204. Mais déjà, l’Eglise s’en méfie, et les ostensions sont interdites. Bien plus tard, au XXe siècle, trois nouvelles études reposant sur une méthode de datation au carbone 14 et menées par trois laboratoires indépendants, soutiennent que le lin ayant servi à tisser la pièce n’a pas été récolté avant le XIIIe siècle.

Très rapidement, de nombreux experts contestent les conclusions de ces trois laboratoires. Certains affirment qu’un incendie, celui de Chambéry en 1532, a abîmé le tissu et a pu le «charger isotopiquement le linceul en carbone 14», biaisant ainsi la datation. D’autres pensent que les échantillons étudiés, qui ont été prélevés sur des franges ne contenant pas l’image du crucifié, ne sont pas des spécimens probants.

Pour la nouvelle étude, les chercheurs italiens de la ville de Frascati ont essayé d’identifier les processus «physiques et chimiques» à l’origine de la coloration très particulière de l’image du Christ sur le suaire selon le Telegraph. Ils en concluent que pour obtenir de telles couleurs, on ne peut utiliser que des lasers ultraviolets, technologie dont on ne disposait clairement pas au Moyen Age.

Selon eux, l’image de l’homme barbu ne peut avoir été créée que par «une certaine forme d’énergie électromagnétique (comme un éclair de lumière à faible longueur d’onde)».  Pour le site d’information MSNBC cette théorie du flash va conforter ceux qui pensent que cette énigmatique image est apparue miraculeusement au moment de la Résurrection du Christ. Elle confirme en tout cas les résultats d'une autre étude réalisée entre 1978 et 1981 par des scientifiques américains, pour qui le visage ne peut pas avoir été peint.

Plus troublant encore, une analyse des pollens trouvés sur le tissu sacré menée par Max Frei, criminologue à Zurich, et confirmée par d’autres experts, indique qu’ils proviendraient à 80% du Moyent-Orient selon Henri Tincq…