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Etre fan de foot, c'est mauvais pour les résultats scolaires

Slate.fr, mis à jour le 22.12.2011 à 12 h 30

Des fans de Wolverhampton après le maintien du club en Premier League en mai 2011, REUTERS/Andrew Winning

Des fans de Wolverhampton après le maintien du club en Premier League en mai 2011, REUTERS/Andrew Winning

Aux Etats-Unis, quand une équipe de football américain remporte un match, tous les étudiants qui la soutiennent laissent leurs livres, quittent la bibliothèque et vont boire des bières. Résultat, ils travaillent moins et leurs notes baissent selon une étude réalisée par trois économistes de l’université de l’Oregon et relayée par le New York Times.

Dans l’étude publiée à la mi-décembre dans la revue National Bureau of Economic Research, les trois chercheurs ont analysé le GPA (la moyenne de leurs notes aux Etats-Unis) de plus de 29.000 étudiants de 1999 à 2007 et les performances sportives des Ducks, l’équipe de la NFL qui compte le plus de supporters en Oregon. Ils précisent qu’aucun de ces étudiants ne pratiquaient de sport à un niveau professionnel.

Les trois économistes, Jason M. Lindo, Isaac D. Swensen et Glen R. Waddell, qui parviennent à mettre en évidence un lien entre la baisse des notes et les succès des Ducks en championnat, se targuent de faire partie des premiers en sciences sociales à avoir souligné ce qu’ils appellent «les coûts non-monétaires» que le suivi assidu des compétitions sportives par les étudiants engendrent:

«Nos résultats renforcent l’inquiétude selon laquelle les grands moments sportifs sont une menace pour les études supérieures aux Etats-Unis.»

Mais être supporter sportif n’est pas mauvais que pour les étudiants. En décembre 2009, Ray Fisman avait en effet évoqué sur Slate une étude du National Bureau Of Economic Research qui montre que regarder du football américain serait aussi dangereux pour la famille vivant sous le même toit. Fondée sur les rapports de police sur la violence domestique entre 1995 et 2006, l’étude souligne que lorsqu’un match de la NFL se termine par une défaite, la ville de l’équipe perdante connaît une recrudescence subite de la violence dans les foyers. Enfin, une autre enquête rapportée par le New Scientist révèle que regarder un match de son équipe favorite peut aussi tuer, l’excitation du supporter étant si importante que son cœur peut flancher.

Dans l’étude sur les résultats scolaires, les chercheurs montrent que les garçons ont plus tendance à sortir, à augmenter leur consommation d’alcool, et à moins étudier quand leur équipe gagne que les filles (24% des étudiants déclarent que les succès des Ducks ont influencé leur assiduité scolaire contre 9% des étudiantes). En tout cas, pour les garçons comme pour les filles, cette baisse d’intérêt ponctuelle pour le travail ne se remarque que pendant le premier trimestre, qui correspond au début du championnat.

Pour Waddell, qui confirme que «le fossé entre les sexes s’élargit quand l’équipe de foot gagne», ces résultats ne font que confirmer ses impressions de tous les jours en tant que professeur associé à l’université d’Oregon:

«J’enseigne à ces étudiants, et je sais que le jeudi, la classe est légèrement plus distraite, alors que le match n’est que le samedi.»

De son côté, David Williford, porte-parole de l’université, conteste les conclusions des trois économistes:

«J’aimerais bien essayer de comprendre les facteurs à l’origine de ces affirmations. Les statistiques peuvent tout montrer. Mais c’est mon opinion personnelle, et pas nécessairement celle de l’université.»

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