Monde

Mort de Kim Jong-il: les services secrets américains et sud-coréens n'étaient pas au courant

Temps de lecture : 2 min

Kim Jong-Il (à droite) et son père Kim Il-Sung yeowatzup via Flickr CC License by

Quand nous avons appris la mort de l'ancien dirigeant nord-coréen, Kim Jong-Il, deux jours s'étaient déjà écoulés. Ce dernier, âgé de 69 ans, serait mort au cours d'un voyage en train d'une attaque cardiaque le samedi matin. Nous l'avons appris par les médias d'Etat, notamment la principale chaîne télévisée montrant une présentatrice en pleurs alors qu'elle lisait un communiqué de presse.

Et par «nous», il semblerait qu'il faille également entebdre les services de renseignements américains et sud-coréens, pourtant supposés être en amont des informations sur ce pays, relèvent le New York Times et Al-Jazeera.

Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, cité par Al-Jazeera, Won Sei-hoon, à la tête de l'intelligence sud-coréenne, ou le ministre de la Défense, Kim Kwan-jin, l'ont appris via l'annonce officielle de la Corée du Nord ou en regardant la télévision sud-coréenne. Une ignorance, moquée et condamnée par le Parlement sud-coréen. Un député de la majorité, Gu Sung-chan, s'interroge sur «la capacité du pays à rassembler des informations sur la Corée du nord», d'autant plus, rapporte le National Post, qu'une rumeur circule sur une source à Pékin qui aurait affirmé que l'ambassadeur de Chine en Corée du Nord en aurait informé son gouvernement quelques heures après la mort de Kim Jong-il.

Cela n'a toutefois pas empêché Won Sei-hoon d'émettre des doutes sur l'horaire et le lieu de la mort du dictateur nord-coréen, au pouvoir depuis 1994, date à laquelle son père Kim Il-sung est décédé.

Cité par le journal Chosun Ilbo, il affirme que, d'après les photographies des satellites de surveillance américains, aucun train affrêté pour Kim Jong-il n'aurait quitté la gare de Pyongyang durant le week-end. Selon un officiel sud-coréen, interrogé par le Guardian, «la mort dans un train est probablement la meilleure histoire que le régime nord-coréen peut utiliser pour promouvoir Kim comme un leader travaillant sans relâche pour son peuple jusqu'à sa mort. Les Nord-Coréens feraient une grande différence entre une mort facile et paisible dans un lit et une mort au travail loin de chez lui».

Selon un politologue interrogé par le Korea Times, le dictateur aurait même pu être assassiné par des membres de l'armée nord-coréenne à l'influence estimée amoindrie durant les années au pouvoir de Kim Jong-il.

Pour Paul Pillar, ayant travaillé durant 25 ans dans les services secrets américains et maintenant professeur à l'université de Georgetown, ce n'est pas nécessairement un échec de la CIA. Il confie à la BBC:

«Il y aura toujours beaucoup de choses que l'Occident ne connaîtra pas au sujet d'un pays aussi fermé et étroitement contrôlé que la Corée du Nord, quelle que soit l'efficacité des services de renseignements secrets occidentaux.»

Un autre ancien agent de la CIA insiste sur le fait que, certes «nous avons des informateurs, mais leurs informations sont souvent vieilles. Ce sont des intermédiaires, et ils ne sont souvent pas au courant de ce qui se passe dans le cercle rapproché». Le New York Times rappelle ainsi que les services secrets américains avaient ignoré la construction secrète d'une usine d'enrichissement d'uranium par la Corée du Nord pendant plus d'un an et demi avant que le pays n'autorise un expert américain du nucléaire à visiter son complexe de Yongbyon.

Interrogé par la BBC, Bruce Riedel, ancien officier de la CIA, relativise:

«Plus inquiétant aurait été de ne pas voir les signes de l'effondrement d'un régime ou d'une préparation à la guerre.»

Slate.fr

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