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Jeune, noir et à New York: le harcèlement quotidien de la police

Slate.fr, mis à jour le 19.12.2011 à 16 h 43

Un jeune homme se fait fouiller par la police à Washington DC futureatlas.com via Flickr CC License by

Un jeune homme se fait fouiller par la police à Washington DC futureatlas.com via Flickr CC License by

Nicholas K. Peart est un jeune Afro-américain de 23 ans, sur le point d'être diplômé d'un «community college» de Manhattan, vivant à New York dans le quartier d'Harlem. Il a déjà été arrêté 5 fois par les policiers de la NYPD (New York Police Department) sans avoir rien à se reprocher.

«Après la troisième fois, j'étais inquiet à chaque fois qu'une voiture de police roulait à côté de l'endroit où je me trouvais; j'étais effrayé à l'idée d'être arrêté ou fouillé ou que quelque chose de pire puisse arriver», raconte-t-il dans une tribune au New York Times. «Mais, pour un jeune homme black dans sa vingtaine comme moi, ça fait partie de la vie à New York» voire un «rite de passage».

Est ici mis en cause le «racial profiling», autrement dit un profilage ethnique peu à peu institutionnalisé précédant toute arrestation ou fouille. Les statistiques appuient son argument: en 2010, sur près de 614.000 arrestations dans la rue pour fouilles, près de 86% des personnes arrêtées étaient afro-américaines ou latinos et près de la moitié avait entre 14 et 16 ans. La ville de New York, dirigée par le maire républicain Michael Bloomberg, a ainsi vu ces pratiques de «stop and frisk» être septuplées entre 2002 et 2010.

Face aux dérives dénoncées de cette politique, le Center for Constitutional Rights, rejoint par Nicholas K. Peart, poursuit une class action (plainte portée devant la justice par plusieurs justiciables, ce qui n'est pas autorisé en droit français) contre la police new-yorkaise NYPD, menée par le commissaire Raymond Kelly, auprès d'un juge fédéral de Manhattan.

Les défendeurs du «stop and frisk» estiment que la class action a peu de chance d'aboutir, en raison de la jurisprudence fondée sur la décision Terry vs. Ohio de 1968, selon laquelle le 4e amendement de la Constitution américaine protégeant les citoyens contre des perquisitions et des saisies non motivées n'est pas violé par les officiers de police tant que ces derniers sont en mesure d'expliquer la raison de leurs soupçons sur telle ou telle personne qui a commis un délit ou un crime, ou pourrait en commettre un prochainement.

«C'est embarrassant, humiliant. Les gens pensent que vous êtes un criminel avant même de vous connaître», témoigne au Guardian Hector, un jeune vétéran de 25 ans qui affirme avoir été arrêté à plusieurs reprises par la police de son quartier de Brooklyn.

Pour le sénateur de New York, Eric Adams, le programme de «stop and frisk» de la police new-yorkaise a montré ses limites. Il confie au Guardian: 

«On trouve que plus de 90% personnes que l'on arrête, interroge et fouille n'ont, en fait, rien fait de mal. Cela ne serait pas toléré pour d'autres groupes ethniques.»

«Si des jeunes blancs de 11, 12 ou 13 ans étaient arrêtés par la police de manière répétitive, la ville de New York ne l'accepterait pas», ajoute-t-il.

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