Monde

Les britanniques répondent aux critiques françaises

Slate.fr, mis à jour le 17.12.2011 à 18 h 10

Nick Clegg, lors du troisième débat, le 29 avril 2010. REUTERS/Gareth Fuller/POOL

Nick Clegg, lors du troisième débat, le 29 avril 2010. REUTERS/Gareth Fuller/POOL

Les attaques verbales des responsables politiques français contre la Grande-Bretagne commencent à inquiéter les partenaires européens des deux pays. L’Entente cordiale franco-britannique a été sérieusement mise à l’épreuve cette semaine après le refus de la Grande-Bretagne d’approuver le projet de réforme du traité européen adopté par 26 pays membres de l’Euro lundi 12 décembre.

Des attaques que les responsables britanniques avaient d'abord choisi d'ignorer, mais qui ont fini par provoquer des réponses musclées. Le député conservateur Neil Parish a ainsi conseillé aux Français de «fermer leurs bouches et de mettre de l'ordre dans leur propre maison» rapporte le Financial Times.

Les médias britanniques conservateurs ont également contre-attaqué, tout comme le vice-Premier ministre Nick Clegg, pourtant l’élément le plus europhile du tandem qu’il forme avec David Cameron. Il a fait savoir à François Fillon, qui l’appelait pour dissiper les malentendus vendredi 16 décembre, que «les récentes remarques de membres du gouvernement français sur l'économie britannique étaient simplement inacceptables et que des mesures devaient être prises pour calmer la rhétorique».

Nick Clegg a expliqué au Guardian:

«Je crois que nous avons tous besoin de partir pour Noël, manger du «mince pie» ou quel que soit son équivalent en  français. Tout le monde est un peu fatigué.

Il n’y a rien de plus populaires en politique française que de taper sur la perfide Albion de temps en temps. Mais au final, la France et le Royaume-Uni ont toujours compris qu’il est meilleur de travailler ensemble que de se crier dessus.»

Mercredi 14 décembre, le journal satirique Le Canard Enchaîné rapportait que le président français Nicolas Sarkozy aurait accusé le Premier ministre britannique David Cameron de se comporter comme un «gamin obstiné» lorsqu’il a exercé son droit de veto après des négociations de neuf heures, où ce dernier a par ailleurs utilisé une technique originale pour rester concentré.

Le lendemain, le Premier ministre François Fillon avait relevé que «nos amis britanniques étaient encore plus endettés que nous et avaient un déficit plus élevé», sans que les agences de notation «ne semblent le remarquer». Puis c’était au tour du ministre de l’Economie François Baroin de tancer la Grande-Bretagne et plus particulièrement son économie, estimant sur Europe 1 que «la situation économique de la Grande-Bretagne est aujourd'hui très préoccupante et qu'on préfère être Français que Britannique en ce moment sur le plan économique».

Le Figaro rapporte qu’un ministre européen s'inquiète «à mots couverts» de «voir la France souffler sur la braise avec l'espoir d'écarter le Royaume-Uni, considéré comme un obstacle au "gouvernement économique de l'euro" voulu par Nicolas Sarkozy

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