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Comment Fox News aide à la réélection d'Obama

Temps de lecture : 2 min

La devanture d'une boutique de la chaîne télévisée Fox News à l'aéroport de Dallas aux Etats-Unis Matt Calkins via Flickr CC License by

Entre le président américain Barack Obama et la chaîne télévisée conservatrice et pro-républicaine Fox News, une certaine méfiance existe. Il y a un passé: des présentateurs, dont l'ancien Glenn Beck et Bill O'Reilly, qui critiquent le fondé de chacune de ses mesures, un compte Twitter piraté annonçant la mort du président, Obama qui déclare que la chaîne n'est pas une chaîne d'informations mais fonctionne comme une radio de débats ou encore les services secrets américains qui tweetent au sujet du «blabla» de Fox News.

Pour autant, à force d'attiser la rivalité entre les candidats à la primaire républicaine pour l'investiture à la présidence en 2012, cette chaîne est en train de contribuer à la réélection d'Obama, un président avec un bilan pourtant plutôt contesté, estime Jonathan Freedland, éditorialiste du quotidien britannique The Guardian.

Un analyste politique employé par Fox News le reconnaît:

«C'est un phénomène pour l'élection de cette année. Tu ne gagnes pas Iowa en Iowa (Etat où débutera la primaire républicaine le 3 janvier, NDLR). Tu gagnes sur ce canapé. Tu le gagnes sur Fox News.»

En captant une majorité des électeurs à la primaire républicaine, le candidat qui sera mis en avant par Fox News aura de l'avance sur ses concurrents. «Si vous dessinez un diagramme de Venn entre l'audience de Fox News et les électeurs à la primaire républicaine, le chevauchement serait énorme», affirme un expert en politique, Andrew Tyndall au Financial Times.

Jonathan Freedland appelle cela le Fox effect qui a, pour l'instant, bénéficié à Rick Perry et Herman Cain (candidat qui s'est retiré de la course après avoir été impliqué dans plusieurs scandales sexuels) et semble profiter à l'ancien porte-parole de la chambre des Représentants, Newt Gingrich.

Les candidats en question ne sont pas nécessairement des hommes politiques de longue date, mais plutôt des personnes provocatrices qui savent attirer l'attention des médias, a également reconnu le journaliste du Daily Beast, à l'inclinaison plutôt conservatrice, Andrew Sullivan.

Pour Jonathan Freedland, la course au clivage entre les candidats d'un même parti pourrait «pousser les républicains à adopter des positions qui les rendraient moins attirants pour l'électorat national en novembre prochain», d'autant plus que la chaîne, «connue pour son insistance à déjouer le politiquement correct, tourne chaque compromis –pourtant, nécessaire quand on gouverne– en un acte de trahison».

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