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Les pirates allemands se cherchent encore

Temps de lecture : 2 min

Piraten auf dem Hafenfest. gedankenstuecke via Flickr CC License by
Piraten auf dem Hafenfest. gedankenstuecke via Flickr CC License by

La semaine dernière, les pirates allemands organisaient à la grande halle d’Offenbach le second congrès de leur parti. 1.300 adhérents ont afflué pour participer à ces deux jours de discussion à bâtons rompus. Bilan de l’opération, selon la Süddeutsche Zeitung, «le monde à l’envers»:

«Pendant que le SPD, les Verts, la CDU et les libéraux discutent comme jamais du réseau informatique, les pirates se sont préoccupés de toute autre chose: politique sociale, légalisation des drogues, gratuité des transports, abolition de l’impôt d'église.»

Rappelons-le, les pirates allemands commencent à peser politiquement. En septembre dernier, ils ont remporté 8,9% aux élections du Parlement de Berlin et le parti a désormais un autre enjeu en tête: les législatives de 2013, pour lesquelles les sondages actuels le placent autour de 7%. Dans cette optique, il s’agit de montrer qu’il n’y a pas qu’internet dans la vie. Mais qu’il est tout de même urgent de repenser l’échiquier politique, rappelle le Spiegel:

«Selon Marina Weisband, dirigeante politique de la formation, les concepts de droite et de gauche, fondés sur une définition classique du travail, n’ont plus rien à voir avec la société de l’information.»

Pourtant, poursuit le journal, ces deux journées de discussion ne semblent pas s’être tenues à cette promesse idéologique:

«On retient un tournant à gauche marquant: il a été décidé qu’un revenu minimum inconditionnel serait inscrit dans le futur programme électoral.»

À la question de savoir si cet ajout pourrait faire fuir des adhérents, Sebastian Nerz, secrétaire général du Parti, répond à la Süddeustche Zeitung:

«Chaque prise de position importante implique le départ de certains et l’arrivée de nouveaux.»

Ce réalisme, Sebastian Nerz l’a également exprimé à l’ARD, la première chaîne publique allemande:

«Les premiers succès marquent aussi le temps des premières erreurs. Gardons la tête froide et continuons de travailler pas à pas. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons changer la politique et changer le monde.»

D’où la nécessité de commencer par ratisser large, quitte à tâtonner. Quand le sujet de la crise européenne arriva sur la table, les débats furent vifs mais légèrement abstraits, relève la Süddeutsche Zeitung:

«Après une discussion agitée, la proposition d’abolir le Mécanisme Européen de Stabilité fut refusée et remplacée par l’exigence de réformer profondément l’Union monétaire. […] Il s’avère que peu savaient vraiment ce que contient le MES. […] La discussion s’est conclue par un appel dans lequel les Pirates ont insisté sur la signification d’une Europe unie pour la paix, la liberté, la prospérité et l’état de droit.»

En marge des thèmes sociétaux abordés au Congrès, il fut aussi question du financement du parti. Comment faire quand on refuse de dépendre d’entreprises, de gros mécènes ou de lobbyistes, demande le Spiegel? Avant de répondre partiellement:

«Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas la cotisation annuelle de 36 euros par personne qui rendra une campagne possible.»

Slate.fr

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