France

Sarkozy a-t-il retardé l'annonce de la mort d'un policier?

Slate.fr, mis à jour le 09.12.2011 à 19 h 15

Nicolas Sarkozy en novembre 2011. REUTERS/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy en novembre 2011. REUTERS/Philippe Wojazer

Les circonstances autour de la mort du policier Eric Lales de la brigade anti-criminalité de Marseille et de la visite de Nicolas Sarkozy à son chevet ont suscité une vive polémique, rapporte le Lab d’Europe 1. En annonçant jeudi 8 décembre le décès du sous-brigadier qui avait été grièvement blessé à l’issue d’une fusillade avec des cambrioleurs à Vitrolles, le président de la République avait déclaré avoir assisté à ses «derniers instants de vie» à l’hôpital.

Cette version est contestée par Philippe Pujol, journaliste au quotidien La Marseillaise qui postait le même jour un message sur son compte Twitter indiquant que le policier était déjà mort quand Nicolas Sarkozy s’est rendu à l’hôpital.

Après ce post, qui a été massivement repris sur Twitter, certains blogueurs accusent l’Elysée de manipulation. Dans un billet très partagé sur les réseaux sociaux, le journaliste Olivier Bonnet, citant l’écrivain et ancien policier Marc Louboutin, parle d’une «funèbre mascarade» organisée pour différer l’annonce du décès d’Eric Lales:

«L’annonce de sa mort est tombée en même temps que celle de la visite de Sarkozy: tu imagines que ça tombait mal… Les réseaux sociaux de policiers ont pleuré sa mort hier soir à partir de 23 heures [mercredi 7  décembre]. Comment se fait-il que le président de la République puisse “partager les derniers instants” de ce policier 20 heures plus tard?»

Sur Rue89, Diego Martinez, le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police-FO, explique quant à lui que les affirmations de Louboutin et Bonnet sont non seulement scandaleuses, mais aussi complètement infondées:

«Nous avons suivi l’état d’Eric Lalés ces derniers jours, il s’est dégradé. La réalité, c’est qu’il est effectivement décédé après le passage du Président. C’est une malheureuse coïncidence, et je trouve indécent et malsain de prétendre le contraire.»

La preuve, Alexandre Molina, le responsable de son syndicat à Aix-en-Provence dans le commissariat où travaillait Eric Lalès, était dans la chambre d’hôpital de son collègue la veille de la visite de Nicolas Sarkozy:

«D’après le professeur, il devait mourir dans la nuit. Finalement, il a tenu jusqu’au matin, et il est mort après le passage du Président.»

Diego Martinez ajoute qu’il «comprend» malgré tout les rumeurs sur cette affaire, rapporte Rue 89:

«Cela correspond au personnage de Nicolas Sarkozy. Malheureusement, nous ne sommes pas surpris à l’idée qu’il fasse ce genre de choses. Mais s’il avait voulu faire un coup de pub sur la mort d’un collègue, j’aurais été le premier à le dénoncer, je me serais gargarisé dans les médias.»

Revue de web mise à jour le vendredi 9 décembre à 19h avec le démenti de Diego Martinez.

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