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Seul 1% des ados s'est déjà adonné au sexting

Slate.fr, mis à jour le 06.12.2011 à 10 h 23

Untitled/ Gesika22 via Flickr CC License By

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Ah, le sexting, cette pratique consistant à envoyer des photos de soi érotico-pornographiques, ce mal adolescent (mais pas que) qui enflammerait les Etats-Unis —et la France... et qui serait en fait relativement exagéré.

Le sexting ne concernerait ainsi que 1% des adolescents américains de 10 à 17 ans, d'après une nouvelle étude de l'université du New Hampshire publiée dans le journal scientifique Pediatrics, rapporte l'Associated Press. Plus précisément, un jeune sur dix a déjà utilisé un téléphone portable pour envoyer ou recevoir des images suggestives, mais seulement un sur cent a déjà envoyé des images pouvant être considérées comme violant les lois sur la pornographie enfantine, détaille le New York Times.

Les psychologues américains ont interviewé au téléphone —avec l'accord de leurs parents— 1.560 enfants et adolescents américains. Ils se sont concentrés sur l'envoi d'images explicites —pas de texte.

La professeure de psychologie qui a mené l'enquête a conclu:

«Le sexting entre adolescents n'est pas endémique, n'est la plupart du temps pas malveillant et plus généralement ne devrait pas faire paniquer les parents.»

Les jeunes ont dit envoyer ces photos à leur petit copain ou petite copine, ou bien comme une technique de drague.

Une professeure de communication, qui n'a pas participé à cette étude mais a écrit un livre sur les relations personnelles à l'ère numérique, a souligné l'importance de cette découverte:

« [...] Un pourcentage considérable de ces textos n'est pas problématique, ce n'est qu'une extension des moyens de flirter et de maintenir sa relation que l'on trouve dans les relations consenties entre ados, et qui reste dans le cadre de ces relations.»

Seuls 3% des mineurs interrogés dans l'étude de l'université du New Hampshire ont dit avoir transmis des photos érotiques qu'ils avaient reçues. Mais les conséquences de cette diffusion peuvent être dramatiques, comme en témoigne entre autres le suicide de Hope Witsell, 13 ans, après qu'une photo de ses seins qu'elle avait envoyée à un garçon pour qui elle avait le béguin a été diffusée dans toute son école.

Une étude précédente, souvent citée aux Etats-Unis, affirmait qu'un adolescent sur cinq pratiquait le sexting, mais elle incluait des jeunes de 18 et 19 ans, ce qui pourrait avoir influencé les résultats de manière conséquente.

Cette nouvelle enquête suggère donc que le sexting est plus commun chez les jeunes adultes que chez les pré-adolescents et jeunes adolescents. Elle confirme les résultats d'une étude menée par le Pew Research Center à Washington datant de novembre 2011: d'après celle-ci, seulement 2% des adolescents entre 12 et 17 ans avaient envoyés des photos d'eux nus ou presque nus à quelqu'un qu'ils connaissaient, contre 17% d'adultes entre 18 et 29 ans et 5% des 30-49 ans.

Un phénomène que notait –plus empiriquement– Titiou Lecoq sur Slate.fr, en donnant comme exemple les sites dédiés à des photos de ce type où l'on pouvait voir «Caroline, la mère de Léa [...] dans des postures dignes d'une production porno d'Europe de l'Est», ou encore des stars françaises et américaines tout ce qu'il y a de plus adultes et tout ce qu'il y a de plus nues sur des photos de mauvaises qualités prises avec leur téléphone portable:

«Si les jeunes filles en fleurs envoient des photos nichons à l’air (et il ne fait aucun doute que la Albertine de Proust aurait été la première à se plonger dans ce vice si elle avait pu) pour autant, le phénomène n’est pas circonscrit à une classe d’âge. Il ne faut donc pas l’expliquer sous l’angle d’une sexualité naissante qui se cherche encore. On peut avoir dix ans de pratique du sexe et jouer au sexting. Parce qu’il s’agit avant tout d’un jeu érotique, un peu à la manière du strip-tease, un moyen de faire monter la tension sexuelle, de se rendre désirable.» 

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