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L'armée afghane recevra moins d'argent que prévu

Temps de lecture : 2 min

Un soldat afghan dans la province de Kandahar, Afghanistan le 27 octobre 2011. REUTERS/Ahmad Nadeem
Un soldat afghan dans la province de Kandahar, Afghanistan le 27 octobre 2011. REUTERS/Ahmad Nadeem

Alors que les forces de sécurité afghanes sont supposées reprendre seules la lutte contre les talibans dès 2014, les autorités américaines viennent d’annoncer qu’ils ne verseront à l’Afghanistan que la moitié des 8 milliards de dollars promis pour leur financement. Selon le Guardian, cette nouvelle jette le doute sur les capacités de l’armée afghane à contenir la menace talibane.

Actuellement, la police et l’armée du pays sont fortes de 308.000 hommes, et devraient atteindre leur maximum à la fin de l’année 2012, soit 352.000 hommes. Comme l’explique le Guardian la stratégie occidentale est d’impliquer de plus en plus les forces de sécurité afghanes (ANSF) dans les combats, ce qui permettrait ainsi aux Etats-Unis et à leurs alliés de retirer leurs troupes d’ici à 2014.

Toutefois, si l’ANSF veut pouvoir disposer de 352.000 soldats, elle a besoin d’environ 8 milliards de dollars venant de l'extérieur. Or à l’heure de la crise des dettes souveraines et des difficultés économiques grandissantes pour l’Occident, Washington et ses alliés européens ont déclaré qu’ils ne pourront pas donner plus de 3 milliards de dollars après 2014. Un milliard de dollars supplémentaire sera versé par d’autres donateurs selon le Guardian, ce qui en tout permettra d’engager et de former une armée de seulement 220.000 hommes.

De leur côté, les autorités afghanes soutiennent qu’une telle force réduite à 220.000 soldats sera capable de tenir la ligne de front contre les insurgés si et seulement si une avancée dans les négociations se réalise ou si le gros des troupes talibanes s’effondre avant, ces deux événements restant très improbables pour le moment. Le Telegraph note quant à lui que l’Afghanistan fait face à un «immense trou fiscal», et présente des déficits de plus en plus importants, qui atteindront environ 25% de son PIB d’ici à 2021 selon les prévisions de la Banque mondiale.

Les Etats-Unis insistent pour que l’ANSF fonctionne seule et avec moins d’effectifs que prévu. Pour l’Afghanistan, cette annonce rappelle de bien mauvais souvenirs, quand, en 1989, l’armée soviétique s'est retirée du pays tout comme les soutiens militaires et financiers de l’Occident, laissant ainsi le pays plonger dans une décennie chaos.

Avec la fin de l’appui international, ce chaos pourrait très bien revenir, comme l’augure Rahim Wardak, le ministre de la défense afghan:

«L’Afghanistan a toujours été un champ de bataille de procuration dans le passé, donc si nous sommes laissés tout seul comme en 1989, le risque [d’une répétition] est là, c’est sûr. Si l’Afghanistan doit se débrouiller seul, il peut devenir une zone de non-droit ou un Etat raté… Il peut devenir une fois de plus un endroit où les terroristes peuvent se cacher et trouver un refuge, où ils peuvent s’entraîner et lancer des opérations.»

Selon le Guardian, Wardak a été très critiqué par Washington et ses alliés quand il a demandé des tanks et des avions de chasse. Pour les occidentaux, les opérations de contre-insurrection effectuées dans le pays ne nécessitent pas de telles armes.

A Londres, un représentant du Département du développement international remarque que les Etats-Unis et leurs alliés dépensent chaque année 100 milliards de dollars avec cette guerre.

Slate.fr

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