Monde

Francesco et Franco Braga: le gouvernement Monti nomme le mauvais ministre

Temps de lecture : 2 min

A gauche, Franco Braga. A droite, Francesco Braga. Captures d'écran de vidéos sur YouTube.
A gauche, Franco Braga. A droite, Francesco Braga. Captures d'écran de vidéos sur YouTube.

Le nouveau gouvernement italien du technocrate Mario Monti a déjà des problèmes. Les experts qui le composent ont eu un léger problème d'expertise au moment de nommer leur sous-secrétaire à l'Agriculture: ils se sont trompés à la fois de personne, et de poste!

Comme le raconte le Corriere della Sera, Francesco Braga a été surpris de recevoir un mail du gouvernement, puis un coup de fil, lui demandant s'il était bien le sous-secrétaire à l'Agriculture: Braga est bien un expert en agriculture, mais il vit au Canada depuis vingt-huit ans. L'homme a logiquement répondu au ministère:

«Ça ne serait pas à vous de me dire si je suis sous-secrétaire?»

En fait, c'était Franco Braga que le ministère devait contacter, sur les conseils du ministre des Infrastructures: Franco est un ingénieur italien, président de l'association italienne de l'ingénieurie sismique. Quel rapport avec l'agriculture? Aucun. D'ailleurs le ministre des Infrastructures, Altero Matteoli, explique dans un autre article du Corriere:

«Oui, j'ai conseillé Franco. Pour vous dire la vérité, je l'avais suggéré pour l'Infrastructure, mais ils l'ont mis à l'Agriculture.»

La façon dont Franco Braga s'est retrouvé en tête pour le poste de sous-secrétaire à l'Agriculture plutôt qu'aux Infrastructures n'est pas claire, mais au ministère de l'Agriculture, personne n'en avait évidemment entendu parler. Résultat, c'est Francesco Braga qui s'est retrouvé contacté, à tort.

Francesco a ainsi été félicité par l'industrie du parmesan, a répondu à des interviews, et le ministre de l'Agriculture –visiblement peu aux faits de ce qui se passait dans son équipe– a loué la «valeur ajoutée» qu'il apporterait. Francesco a depuis reçu un email d'excuses du ministère, mais il se serait apparemment bien vu occuper ce poste puisqu'il a dit au Corriere:

«J'ai tout le respect du monde pour mon collègue, mais je me demande qui serait le plus apte à ce poste entre un ingénieur qui s'occupe de problèmes sismiques et un agronome qui s'occupe de business agricole.»

Franco Barga quant à lui ne répond pas à son téléphone, et n'a pas encore fait savoir s'il acceptait le poste ou pas. Pour l'instant, il y a donc un sous-secrétaire à l'Agriculture désigné mais pas en fonction. L'Italie attend que Franco sorte de son silence tandis que le gouvernement se veut rassurant, affirmant au Corriere que «tout va bien» et que Franco Braga prêtera serment d'ici quelques jours.

Et son homonyme de conclure, depuis le Canada:

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«Que Dieu protège l'Italie.»

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