Economie

Ses statistiques ne plaisent pas au gouvernement grec. Il risque la prison à vie

Slate.fr, mis à jour le 01.12.2011 à 17 h 23

Manifestation devant le parlement grec, à Athènes, le 21 juin 2011. REUTERS/Yiorgos Karahalis

Manifestation devant le parlement grec, à Athènes, le 21 juin 2011. REUTERS/Yiorgos Karahalis

Andreas Georgiou, à la tête de l'Institut national grec de statistiques (Elstat) risque la prison à vie pour avoir réévalué le déficit public de 2009 à 15,8% du PIB alors que le gouvernement Papandréou avait annoncé un déficit équivalent à 13,4% du PIB, rapporte le Financial Times. A cause de cette variation de deux points et demi, il est accusé de trahir les intérêts du pays.

Andreas Georgiou argue qu'il risque une telle condamnation pour ne pas avoir participé au trafic généralisé des comptes publics grecs, qui avait été amorcé au moment de l'entrée du pays dans la zone euro pour correspondre aux «critères de convergence» définis par le traité de Maastricht. ««En Grèce, les statistiques sont un sport de combat [...] Je suis poursuivi pour ne pas avoir maquillé les livres de comptes», a-t-il confié au Financial Times. Il a le soutien de l'office européen des statistiques, Eurostat. 

La plainte est fondée sur les allégations –confirmées par d'autres collègues– d'une ancienne employée d'Elstat, Zoe Georganta, renvoyée il y a quelques mois avec d'autres fonctionnaires de l'institut de statistiques par le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos. Une autre plainte a été remplie par l'union des avocats d'Athènes qui estime qu'un déficit présenté à la hausse pourrait «nuire à la souveraineté nationale de la Grèce et violer la constitution». Le nouveau et temporaire Premier ministre, le technocrate Lucas Papademos, ne s'est pas exprimé sur le sujet.

Comment juger Andreas Georgiou? Il faut disposer des véritables comptes publics de la Grèce, ce qui est difficile après des années de maquillage. Le Trésor grec, en collaboration avec Goldman Sachs, avait mis au point un délicat mécanisme financier, appelé «cross-currency swap», pour faire disparaître près d'un milliard d'euros de dette grecque qu'Eurostat allait inspecter avant de donner son feu vert pour l'admission dans l'eurozone en 2001.

Interrogé par le Figaro, Loannis Stournaras, du think-tank Iobe, se veut rassurant sur l'issue de la convocation le 12 décembre et évoque la nature procédurière du pays:

«Ici, à chaque dénonciation ou petite accusation, une procédure est engagée par le procureur. Dans le cas de Giorgiou, cela n'aboutira bien évidemment pas à une peine.»

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