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Comment les entreprises se préparent à la mort de l'euro

 Billet de 50 euros coupé, 28 décembre 2010. photosteve101 via Flickr CC License by

Billet de 50 euros coupé, 28 décembre 2010. photosteve101 via Flickr CC License by

De plus en plus de multinationales se préparent à un éventuel effondrement de la zone euro selon l’agence de presse Reuters. En effet de nombreux dirigeants d’entreprises, craignant que les leaders politiques en Europe perdent le contrôle de la crise de la dette souveraine, veulent protéger leur groupe face à une éventualité qui devient de jour en jour plus probable.

Mais prévoir la chute d’une monnaie partagée par 17 pays depuis maintenant 13 ans n’est pas facile, explique Reuters. Comme beaucoup de chefs d’entreprise, Jesper Brandgaard, à la tête de Novo Nordisk, le plus important producteur d’insuline pour le traitement du diabète dans le monde, pense que l’écroulement de la zone euro est «possible», mais pas encore «probable».

Toutefois, dans les milieux d’affaires, il semble que cette perspective soit de plus en plus envisagée: à la mi-novembre, Reuters montre que sur 250 économistes près de la moitié pense que l’euro telle qu’on la connaît ne survivra pas sous sa forme actuelle.

Pour tester les différents scénarios catastrophes possibles, les banques et les courtiers sont en première ligne selon Reuters. ICAP, la première société de courtage pour les taux de change et les obligations d’Etat, a déclaré fin novembre qu’elle testait son système de trading afin qu’il résiste à un effondrement de la zone euro. Et elle n’est pas la seule, le dirigeant d’un fond d’investissement qui a voulu rester anonyme a dit à Reuters, qu’une équipe de 20 personnes dans son fond s’occupe tous les jours de concevoir tous les scénarios possibles:

«C’est mon boulot d’envisager le pire. Vous pouvez tester plein de scénarios sans gravité, mais si quelque chose de vraiment grave arrivait –disons un soudain défaut de l’Italie– et que nous l’avions pas testé, je ne ferais pas boulot correctement.»

De leur côté, toutes les autres boîtes, comme les industries automobiles ou les producteurs d’énergie, essayent de plus en plus de mettre de l’argent de côté. Ils mettent en place des plans pour limiter leurs dépenses, ou alors placent leurs réserves là où elles seront le plus en sécurité, notamment auprès des banques centrales.

En effet sur Slate, Cécile Dehesdin expliquait à la fin du mois d’octobre comment une entreprise privée comme le géant industriel allemand Siemens a pu, par l’intermédiaire de sa propre «banque Siemens», transférer de l’argent sur son compte de la BCE. Selon Reuters au début du mois de novembre, Siemens avait ainsi «protégé» pas moins de 6 milliards d’euros de liquidité à la BCE.

De nombreuses entreprises contactent aussi des avocats, et des juristes pour en savoir un peu plus sur les conséquences d’une fin de la monnaie unique au regard de la loi, notamment pour les contrats commerciaux avec des groupes étrangers ou pour les contrats de dette. Le Financial Times explique qu’au contraire très peu de petites ou moyennes entreprises se sont préparées «financièrement et légalement».

Enfin pour certaines multinationales, l’écroulement de la zone euro ne serait pas si catastrophique que ça. Jürgen Dieter Hoffmann, directeur financier chez Volkswagen Autoeurop, la branche portugaise du producteur allemand de voiture explique même que la crise serait «gérable»:

«Nous avons mené une première analyse de fond sur les conséquences d’une suppression de l’euro comme monnaie portugaise. La conclusion est que l’impact général ne serait pas si négatif pour notre compagnie, puisque nous sommes principalement un groupe exportateur dans le monde entier.»

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