Culture

La traduction automatique recrée le mythe de Babel

Slate.fr, mis à jour le 29.11.2011 à 15 h 21

Tour de Babel / Tobey C. Anderson via Wikimedia Commons

Tour de Babel / Tobey C. Anderson via Wikimedia Commons

A l’orée du XXIe siècle, le monde compte plus de 5.000 langues différentes. Si le réseau Internet a réduit les distances, le temps et aboli les frontières, du moins virtuellement, il restait cependant une barrière à franchir: celle de la langue. Mais l’année 2011 offre de bonnes perspectives pour ceux qui rêvent encore d’un langage universel. The Guardian rapporte que «2011 se révèle être une année extraordinaire pour l’art de la traduction».

«La Terre n'avait alors qu'une seule langue et qu'une même manière de parler. Venez donc, descendons en ce lieu, et confondons tellement leur langage, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres. C'est en cette manière que le Seigneur les dispersa de ce lieu dans tous les pays du monde, et qu'ils cessèrent de bâtir la ville», annonce le chapitre 11 de l’Ancien Testament.

Et si les traducteurs recréaient le mythe de la tour de Babel? Et offraient la possiblité d'un vecteur commun à la compréhension de tout langage.

Umberto Eco avait déjà affirmé que «la langue de l’Europe c’est la traduction». Les traducteurs automatiques ne sont-ils pas en train d'extrapoler cette formule à l'échelle mondiale?

A ce titre, Google Traduction a révolutionné le monde de la traduction automatique. «Ce système ne fait pas l'erreur d'enfermer le langage dans ce concept pour le moins réducteur. L’outil s'appuie sur du contenu traduit existant, isole les mots et les phrases qui ont tendance à correspondre, et propose le résultat le plus adapté au contexte (en ayant recours aux probabilités)», précise Jeremy Kingsley sur Slate.

Récemment, «Google Traduction vient d’ajouter 5 langues à sa base de données pour l’application iPhone, portant le nombre de langues traduites à 63», indique The Guardian. Et révèle 10 nouveautés dans son algorithme de pertinence. Signe de son développement continu.

David Bellos, professeur de littérature comparée et traducteur, explique le mécanisme de Google:

«La traduction c’est ce que vous obtenez, mais pas vraiment ce que fait Google. C’est comme la différence entre le génie et le savoir. Une solution d’ingénierie est de faire fonctionner quelque chose, mais la façon dont on le fait fonctionner n’a pas forcément quelque chose à voir avec les choses sous-jacentes. Les avions ne fonctionnent pas de la même manière que les oiseaux volent.»

Aussi, le chiffre d’affaires de Systran, premier éditeur de logiciel de traduction, confirme cette tendance de la bonne santé du secteur de la traduction. LCI précise que son «chiffre d'affaires [est] en croissance de 18,6 % par rapport au troisième trimestre 2010  et  + 23,9 % en 9 mois».

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte