France

Hervé Morin trébuche sur son cheval

Slate.fr, mis à jour le 28.11.2011 à 20 h 50

Washington, d.c/ Galerie de The US Army via flickcc licence by

Washington, d.c/ Galerie de The US Army via flickcc licence by

Rattrapé au galop par un conflit d’intérêt, Hervé Morin? «Comment (…) avez-vous pu, à la fin 2007, vendre pour plusieurs millions d’euros (…) un cheval de course "Literato" à l’Emir de Dubaï, le cheikh al-Maktoum,  qui était, qui est toujours, le ministre de la Défense des Emirats arabes unis et avec qui vous aviez par ailleurs des discussions officielles?», l’interrogeait Patrick Cohen, lundi 28 novembre  sur France Inter.

«Vous  dites n’importe quoi !», a rétorqué l’ancien ministre de la Défense, officiellement candidat à la présidentielle 2012 depuis dimanche. «Vous confondez le cheikh Mohamed (ben Zayed, prince héritier d'Abou Dhabi) qui «gère les questions de défense pour les Emirats arabes unis», et cheikh Mohammad ben Rached al-Maktoum, émir de Dubaï, «qui n'a absolument aucune fonction et aucune responsabilité sur ce sujet» et qui  «est le plus grand propriétaire de chevaux au monde», a assuré Morin.

Cheikh al-Maktoum est effectivement ministre de la Défense, où titre ne vaut pas nécessairement fonction. Ainsi que l’explique Le Monde «Mohammed ben Rachid Al-Maktoum est bien, en titre, Premier ministre et ministre de la Défense de la Fédération des Emirats arabes unis (…) mais il est exact que, dans les faits, le cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d'Abou Dhabi, a la haute main sur les affaires de Défense ».

D’ailleurs  le site de l’Ambassade de France aux Emirats arabes unis présente une photo datée de 2007 où l'on voit l’ancien ministre français de la Défense reçu en «audience» par le Cheikh ben Zayed, «Prince héritier d’Abou Dhabi et Vice-commandant suprême des Forces armées des Emirats arabes Unis».  En revanche, pas de photo du ministre français posant  avec  son homologue en titre,  l’Emir de Dubaï, celui-là même qui  a acheté Liberato. D'ailleurs Hervé Morin dit ne l'avoir «jamais rencontré», tout  au plus, précise le candidat à l’Elysée, lui aurait-il serré la main «une fois au Dubai Air Show» parmi «500 autres personnes» qui faisaient également la queue pour cela.

Hervé Morin, que l’on a pu voir radieux  aux côtés de son pur sang Liberato ne conteste pas avoir vendu ce cheval de course (dont il possède un tiers des parts) à l’Emir de Dubaï en 2007.  Ce qui  avait à l’époque fait déjà l’objet de plusieurs articles dans la presse qu'Hervé Morin n'aurait pas contestés. 

Mais désormais candidat à l'Elysée, il  se retranche derrière cette spécificité toute locale des Emirats arabes unis, qui veut que titre ne vaudrait pas fonction, afin d'écarter les accusations de conflit d'intérêt.

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